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Patrimoine · attribution discutée

La dictée attribuée à Mérimée : texte et explications

La dictée de Mérimée rassemble des mots rares, des homophones et des accords difficiles. Elle est traditionnellement attribuée à Prosper Mérimée, mais cette attribution reste incertaine : Félix Chambon, qui la publie en 1903, indique n'avoir trouvé aucune preuve de son authenticité.

Le texte proposé ici suit la transcription de Wikisource. Celle-ci comporte des corrections et des différences de ponctuation par rapport à la page imprimée de Chambon. Elle conserve aussi certaines graphies anciennes, expliquées ci-dessous.

Consulter la source : Félix Chambon, Notes sur Prosper Mérimée (1903), p. 406 — page numérisée

Avant de commencer. Cette version conserve la graphie ancienne « quelqu'exiguës ». Aujourd'hui, on écrit « quelque exiguës », sans élision, ou « quelque exigües » en orthographe rectifiée. Pour ce passage, l'exercice accepte aussi ces deux formes actuelles.

Commencer la dictée

Écoute et correction dans l’espace de pratique, sans inscription.

La version proposée

Afficher le texte de la dictée de Mérimée

Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.

Quelles que soient et quelqu'exiguës qu'aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis et de leur infliger une raclée alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.

Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entraîner à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie.

Deux alvéoles furent brisés, une dysenterie se déclara, suivie d'une phtisie.

Par saint Martin, quelle hémorragie, s'écria ce bélître !

À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière.

L'histoire de la dictée de Mérimée

Le récit traditionnel situe cette dictée à la cour de Napoléon III, à Compiègne, en 1857. Il raconte que les participants, dont l'empereur et l'impératrice, auraient accumulé les fautes. La date, les circonstances et les scores ne sont pas établis par la source citée ici.

Le repère documenté est la publication de Notes sur Prosper Mérimée par Félix Chambon en 1903. Après avoir reproduit la dictée à la page 406, Chambon précise : « nous n'avons pu réussir à trouver une preuve quelconque d'authenticité ». Son témoignage invite donc à distinguer la transmission du texte de la certitude sur son auteur.

La transcription Wikisource retenue ici n'est pas une reproduction lettre pour lettre de l'imprimé. Par exemple, elle donne « de très bons crus » là où Chambon imprime « de très bon crus », et « Deux alvéoles furent brisés » à la place de « Deux alvéoles furent brisées ». Le lien vers la page numérisée permet de comparer les deux versions.

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Repères de transmission : récit traditionnel situé en 1857, publication par Chambon en 1903 et attribution non établie par cette source.
Chambon publie le texte en 1903 tout en indiquant n’avoir trouvé aucune preuve d’authenticité. Le récit de 1857 et les scores attribués aux participants restent des anecdotes.

Pourquoi ce texte est un tel piège

Cuisseau désigne la cuisse du veau, tandis que cuissot désigne celle du gros gibier. Ces homophones se distinguent par leurs finales -eau et -ot, puis par leurs pluriels cuisseaux et cuissots.

Dans « les arrhes qu'étaient censés avoir données la douairière et le marguillier », données s'accorde avec le complément d'objet direct que, placé avant et reprenant les arrhes, féminin pluriel. Censés s'accorde au masculin pluriel avec les deux personnes. Dans « s'est laissé entraîner », la douairière subit l'action d'entraîner : laissé reste invariable. Dans « s'est crue obligée », se est le complément direct de croire, placé avant ; crue prend donc le féminin.

Dans « quelles que soient », quelles que s'écrit en deux mots et quelles s'accorde avec arrhes. La forme ancienne « quelqu'exiguës » correspond aujourd'hui à « quelque exiguës », sans élision : quelque est l'adverbe invariable, tandis que l'adjectif exiguës s'accorde avec arrhes.

Le vocabulaire mérite aussi une préparation : amphitryon, la personne qui reçoit à dîner ; douairière, une veuve bénéficiant d'un douaire ; marguillier, chargé de l'administration des biens d'une paroisse. Ces mots rares ajoutent une difficulté lexicale aux accords.

Un défi toujours d'actualité

Pour travailler ce texte, commencez par comprendre les phrases et les mots rares. Repérez ensuite les sujets et les compléments qui commandent les accords, puis écoutez et écrivez un passage à la fois.

Une dictée historique ne fixe pas à elle seule l'orthographe actuelle. Les graphies rectifiées ambigüité, exigües, rafraichissements, bélitre et évènement sont également admises et acceptées dans l'exercice. Pour le passage qui conserve « quelqu'exiguës », vous pouvez aussi écrire quelque exiguës ou quelque exigües. Ces deux formes suivent la règle actuelle : quelque ne s'élide que dans quelqu'un et quelqu'une, comme le rappelle l'Office québécois de la langue française.

Questions sur la dictée de Mérimée

Qui a écrit la dictée de Mérimée et quand ?

Elle est traditionnellement attribuée à Prosper Mérimée et située à Compiègne en 1857. Cette attribution et cette date ne sont pas établies par la source citée ici. Félix Chambon reproduit le texte en 1903, mais précise n'avoir trouvé aucune preuve de son authenticité.

Pourquoi la dictée de Mérimée est-elle difficile ?

Elle réunit des homophones comme cuisseaux et cuissots, des accords avec un complément placé avant le participe et des mots rares comme douairière ou marguillier. La graphie ancienne quelqu'exiguës demande aussi de distinguer la version transmise de l'orthographe actuelle quelque exiguës.

Combien de fautes Napoléon III aurait-il faites ?

Le chiffre de 75 fautes est souvent rapporté dans l'anecdote, mais la source de Chambon citée ici ne permet pas de le vérifier. Il faut lire ce score comme un élément du récit traditionnel, pas comme un résultat historique établi.

Quelle est la différence entre cuisseau et cuissot ?

Le cuisseau désigne la cuisse du veau ; le cuissot, celle du gros gibier, comme le chevreuil. Les deux mots se prononcent de la même façon. Ils se distinguent par leurs finales -eau et -ot, avec les pluriels cuisseaux et cuissots.

Quelle version du texte est reproduite ici ?

La page suit la transcription Wikisource de la dictée publiée dans Notes sur Prosper Mérimée de Félix Chambon (1903), page 406. Cette transcription comporte des corrections et des différences de ponctuation par rapport à l'imprimé. Le scan permet de consulter le texte publié et la réserve de Chambon sur son authenticité.

Faut-il écrire « quelqu’exiguës » ou « quelque exiguës » ?

Aujourd'hui, on écrit « quelque exiguës », sans élision : quelque est un adverbe invariable et exiguës s'accorde au féminin pluriel avec arrhes. La graphie rectifiée « quelque exigües » est également correcte. Le texte reproduit conserve l'ancienne forme « quelqu'exiguës » ; pour ce passage, l'exercice accepte aussi les deux formes actuelles.

Transcription utilisée : Wikisource — transcription de la dictée publiée par Félix Chambon (1903), p. 406

Prêt à affronter Mérimée ?

Écoutez cette version, écrivez-la, puis consultez votre score et la correction.

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