Dictée 3e : Les promesses qu'ils s'étaient faites
Deux adolescents, une plage, des serments lancés à la légère : voilà d'où part ce texte un peu mélancolique, où le temps fait tranquillement son travail de sape. On y suit un couple que la vie éloigne, jusqu'à des retrouvailles où, justement, les mots ne viennent plus. Derrière cette histoire toute simple se cache la bête noire de la troisième : le participe passé des verbes pronominaux.
Faut-il écrire « ils s'étaient parlé » ou « parlés » ? « faites » ou « fait » ? Tout se joue sur la fonction du petit pronom « se » et sur la place du complément d'objet. Le corrigé reprend chaque cas un par un et vous donne le réflexe qui tranche à tous les coups : remplacer l'auxiliaire être par avoir, débusquer le COD, puis se demander si « se » est objet direct ou objet indirect. Alors ne foncez pas. Lisez à voix haute, et surtout, méfiez-vous des évidences.
- Longueur
- 122 mots
- Durée
- ≈ 8 min
- Difficulté
- Expert
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 3e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
les promesses qu'ils s'étaient faites
Le cœur du texte. Avec un verbe pronominal, on commence toujours par chercher la fonction du pronom « se ». Dans « se faire une promesse », on fait la promesse À soi-même : « se » est donc complément d'objet indirect (COI). Le vrai complément d'objet direct, c'est « les promesses », repris devant le verbe par le relatif « qu' ». Puisque ce COD est placé AVANT, le participe s'accorde avec lui : « promesses » est féminin pluriel, d'où « faites ». Le truc infaillible : remplace l'auxiliaire être par avoir → « les promesses qu'ils avaient faites ». L'accord saute aux yeux, exactement comme avec n'importe quel verbe à COD antéposé.
ils s'étaient juré
Même construction, résultat inverse. On jure quelque chose À quelqu'un : « se » est encore COI, il ne commande donc pas l'accord. Ici le COD, c'est le groupe « de ne jamais s'oublier », et il arrive APRÈS le verbe. Pas de COD devant, donc pas d'accord : « juré » reste invariable. Beaucoup écrivent « jurés » par automatisme, entraînés par le sujet pluriel « ils », mais avec un pronominal, on ne s'accorde jamais aveuglément avec le sujet quand « se » est indirect.
s'était souvenue / s'étaient évanouis
Les verbes qui n'existent QUE sous forme pronominale (se souvenir, s'évanouir) suivent une règle bien plus douce : leur participe s'accorde tout bonnement avec le sujet. « Elle s'était souvenue » donne un féminin singulier, « souvenue ». « Les mots qu'ils avaient tant répétés s'étaient évanouis » donne un masculin pluriel, « évanouis ». Inutile de traquer un COD : « se souvenir DE quelque chose » a un complément indirect, l'accord se fait donc naturellement avec le sujet.
les lettres qu'ils s'étaient écrites / ne s'étaient plus parlé
Deux verbes cousins, deux orthographes différentes. On écrit une lettre À quelqu'un, on parle À quelqu'un : dans les deux cas, « se » est COI. Tout se joue alors sur la présence d'un COD antéposé. Pour « écrites », il y en a un devant le verbe : « les lettres », repris par « qu' » → accord au féminin pluriel. Pour « parlé », aucun COD (« parler à » n'admet pas d'objet direct) → invariable. Même piège avec « se sont souri » et « se seraient menti » : on sourit et on ment À quelqu'un, « se » est indirect, le participe ne bronche pas.
les avaient éloignés
Attention, changement de terrain : ici, pas de pronominal, mais la bonne vieille règle du COD antéposé avec l'auxiliaire « avoir ». Le pronom « les » (mis pour les deux personnages) est complément d'objet direct et il précède l'auxiliaire : le participe s'accorde donc, « éloignés », masculin pluriel. C'est un piège glissé volontairement au milieu des pronominaux, histoire de vérifier qu'on ne confond pas les deux mécanismes.
une plage battue par le vent / une gare bondée
Deux accords discrets qu'on oublie facilement. Dans « une plage battue par le vent », le participe passé joue le rôle d'un adjectif et s'accorde avec « plage », féminin singulier : « battue ». Même logique pour « une gare bondée », où « bondée » s'aligne sur « gare ». Rien de sorcier, ce sont de simples accords d'adjectif, mais l'attention, happée par les verbes pronominaux, les laisse souvent filer.
Les notions travaillées
- le participe passé des verbes pronominaux
- Participe passé des verbes pronominaux
- COD antéposé et accord
- Verbes essentiellement pronominaux
- Accord du participe passé avec avoir
- Accord de l'adjectif