Dictée 3e : S'il avait su
Un garçon monte dans un train pour rejoindre ses amis et partir vers la mer. Tout est déjà prêt dans sa tête : la plage, le sable, le feu du soir. Puis la machine s'arrête en pleine campagne, et le rêve se transforme en regret. S'il avait su, il aurait choisi la route. Le texte joue sans arrêt sur ce grand écart entre ce qui va arriver et ce qui aurait pu arriver.
Ce va-et-vient met à l'épreuve deux temps qu'on confond volontiers à l'oreille : le futur qui promet et le conditionnel qui suppose. La terminaison change d'une seule lettre, l'écriture de tout. On y trouve aussi le conditionnel passé du remords, quelques passés simples de récit et des homophones tendus comme des pièges. De quoi vérifier, en fin de troisième, qu'on entend vraiment la différence entre je partirai et je partirais.
- Longueur
- 130 mots
- Durée
- ≈ 9 min
- Difficulté
- Difficile
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Le texte de la dictée 3e
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Chaque piège de cette dictée 3e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
arriverait, retrouverait, partiraient, durerait, patienteraient, verraient
Tous ces verbes sont au conditionnel présent, et non au futur. La règle : après un verbe au passé (« il se répétait qu'il arriverait », « Une voix annonça que le trajet durerait »), le futur bascule en conditionnel, c'est le futur dans le passé. On reconnaît la construction : radical du futur + terminaisons de l'imparfait -ais, -ait, -aient. D'où le double repère graphique : le -r- du futur (arrive-r-ait) ET la terminaison de l'imparfait. Astuce pour ne jamais oublier ce -r- : mettez d'abord le verbe à l'imparfait seul (il arrivait), puis au futur (il arrivera) ; le conditionnel emprunte le début du futur et la fin de l'imparfait, donc « arriverait ».
serait monté, aurait pris, serait arrivé, aurait apporté
Voici le conditionnel passé, le temps du regret et de l'irréel du passé, appelé ici par « S'il avait su ». Il se forme avec l'auxiliaire être ou avoir au conditionnel présent + participe passé. Attention à l'accord : avec être, « ne serait monté » et « il serait arrivé » s'accordent avec le sujet masculin singulier (Antoine, il), donc pas de -s ni de -e. Avec avoir, « aurait pris » et « aurait apporté » restent invariables, car aucun complément d'objet direct ne les précède. On retrouve la structure hypothétique classique du niveau 3e : Si + plus-que-parfait, conditionnel passé (s'il avait su… il aurait apporté).
Quand nous repartirons… je ne me plaindrai plus
Entre les guillemets, on rapporte les paroles telles quelles : on repasse donc au futur simple réel, « repartirons » et « plaindrai ». Le vrai piège, c'est ce « plaindrai » à la première personne : c'est bien un futur, terminaison -ai (je plaindrai = action que je tiens pour certaine), à ne pas confondre avec le conditionnel je plaindrais (-ais). Le test qui ne trompe pas : remplacez « je » par « nous ». Si vous obtenez un futur (nous plaindrons), écrivez -ai ; si vous obtenez un conditionnel (nous plaindrions), écrivez -ais. Ici Antoine fait une promesse ferme : futur, donc « plaindrai ».
songea-t-il, murmura-t-il
Dans une incise, le sujet passe derrière le verbe. Comme « songea » et « murmura » finissent par une voyelle et que « il » commence par une voyelle, on glisse entre les deux un -t- dit euphonique, uniquement pour que ça se prononce bien. Il s'écrit entre deux traits d'union : -t-il. Ce t n'est le reste d'aucun mot ; on ne le note surtout pas avec une apostrophe (jamais « songea-t'il »).
pieds nus
Dans « ils marcheraient pieds nus », l'adjectif « nus » s'accorde avec « pieds », nom masculin pluriel : d'où le -s. Pour vérifier, isolez le groupe : des pieds nus. À l'inverse, l'expression figée « nu-pieds » (avec trait d'union, nu placé devant le nom) resterait, elle, invariable ; ce n'est pas notre cas ici, puisque nu suit le nom.
Ce matin-là
Deux vigilances en un seul mot. D'abord l'accent grave sur « là », adverbe de temps, à distinguer de l'article « la ». Ensuite le trait d'union : lorsque -là (ou -ci) vient renforcer un nom déjà annoncé par un démonstratif, on le relie par un trait d'union, ce matin-là, cette nuit-là.
s'immobilisa, annonça, passa, soupira
Le récit bascule au passé simple, temps des actions de premier plan, posé sur le fond d'imparfait (« il se répétait », « il imaginait »). Retenez la cédille de « annonça » : le c prend une cédille devant a pour conserver le son [s], comme dans commença. Et « s'immobilisa » réclame deux m.
ce train / ses amis / sa sœur
Trois homophones à départager. « ce train » : déterminant démonstratif, on montre le train, à ne pas confondre avec « se » pronom. « ses amis » : ce sont les amis d'Antoine, possession au pluriel, ses ; pas « ces », qui les désignerait sans marquer l'appartenance. Enfin « sœur » s'écrit avec la ligature œ, jamais oe séparés.
Les notions travaillées
- le conditionnel ou le futur
- Conditionnel présent
- Conditionnel passé
- Futur simple
- Homophones -rai / -rais
- Trait d'union euphonique