Dictée 3e : La mise en garde des savants
Pour ouvrir la progression de l'année, voici un texte grave et très actuel : des savants qui, depuis des décennies, alertent sur l'avenir sans être vraiment entendus. Le sujet n'est pas neutre, car il oblige la phrase à voyager dans le temps. On raconte au passé ce que les chercheurs annonçaient pour plus tard, on imagine ce qui arriverait, on regrette ce qu'il aurait fallu faire. Chaque subordonnée réclame alors son temps exact, ni un de plus, ni un de moins.
Toute la difficulté de cette page tient à la concordance des temps. Dès que le verbe principal bascule au passé, la subordonnée suit des lois précises : futur dans le passé, hypothèse après si, subjonctif imparfait ou passé dans un registre soutenu. À côté, quelques participes à accorder et un petit pronom trompeur guettent la main trop rapide. De quoi mesurer, dès la rentrée, où en est vraiment votre oreille grammaticale.
- Longueur
- 138 mots
- Durée
- ≈ 9 min
- Difficulté
- Expert
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Le texte de la dictée 3e
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Chaque piège de cette dictée 3e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
avaient prévenu que le climat se dérèglerait si nous ne changions rien
Le verbe principal « avaient prévenu » est au plus-que-parfait : l'action est nettement ancrée dans le passé. Ce qui devait se produire plus tard s'exprime donc par un « futur dans le passé », c'est-à-dire le conditionnel présent : « se dérèglerait ». On n'écrit surtout pas « se déréglera ». L'hypothèse ouverte par « si » suit, elle, sa propre loi : après « si », jamais de conditionnel ; on emploie l'imparfait « changions ». Retenez la mécanique : « si » + imparfait dans la condition, conditionnel dans la conséquence, jamais les deux verbes au conditionnel.
que les glaciers fondraient, que les fleuves déborderaient
Même logique après « affirmaient » (imparfait) : ces verbes annoncent des faits postérieurs à un moment passé, donc conditionnel présent, en -rait / -raient. Le piège est d'abord d'oreille, car la terminaison « -aient » ne s'entend pas ; ce sont les sujets (glaciers, fleuves, espèces) qui commandent le pluriel. Notez au passage que « fondraient » garde le d du radical de fondre et que « disparaîtraient » conserve l'accent circonflexe hérité de « paraître ».
chacun comprit qu'il aurait fallu agir
Après le passé simple « comprit », le regret d'une action qui n'a pas eu lieu se rend par le conditionnel passé : « aurait fallu ». On vise ainsi une action qui aurait dû se produire avant le moment évoqué. Surveillez aussi « chacun » : ce pronom indéfini est toujours singulier et impose un verbe au singulier (« comprit »), jamais « comprirent ». Attention enfin à « plus tôt » en deux mots, qui marque le temps, et non « plutôt » qui exprime une préférence.
pourvu que l'humanité prît enfin ses responsabilités
Le verbe qui gouverne est au passé (« répétaient ») et la locution « pourvu que » réclame le subjonctif. Dans un registre soutenu, ce subjonctif se met à l'imparfait : d'où « prît », avec un accent circonflexe sur le i à la troisième personne du singulier. Ne le confondez pas avec le passé simple « prit » (sans accent) : « qu'il prît » n'est pas « il prit ». C'est sans doute le sommet de difficulté de la dictée.
si les gouvernements réagissaient, les générations futures leur pardonneraient
Deuxième hypothèse, bâtie sur le même moule : « si » + imparfait « réagissaient », puis conséquence au conditionnel « pardonneraient ». Dans « leur pardonneraient », le mot « leur » est un pronom personnel mis pour « aux générations » : placé devant le verbe, il reste invariable et ne prend jamais de s. On réserve « leurs » au déterminant suivi d'un nom au pluriel, comme « leurs enfants ».
à condition que nous les ayons écoutés
La locution « à condition que » entraîne le subjonctif ; l'action étant achevée, on emploie le subjonctif passé « ayons écoutés ». Le participe « écoutés » s'accorde avec le COD « les » (les savants), placé avant l'auxiliaire avoir : masculin pluriel, donc -és. Même mouvement juste avant dans « ils nous avaient sauvés », où « sauvés » s'accorde avec le « nous » antéposé. Comparez en revanche avec « ce qu'ils avaient annoncé » : là, le COD « ce que » est neutre et invariable, si bien qu'« annoncé » ne prend aucune marque. Trois participes voisins, deux traitements : tout tient à la nature et à la place du COD.
Les notions travaillées
- la concordance des temps
- Concordance des temps
- Hypothèse avec « si »
- Subjonctif imparfait et passé
- Conditionnel présent et passé
- Accord du participe passé