Dictée 5e : Les lettres du voyageur
Voici la première dictée de l'année en 5e, et elle attaque tout de suite un morceau de choix : l'accord du participe passé employé avec avoir. Le narrateur est un adolescent qui range et relit le courrier d'un oncle parti au loin. Des lettres, une boîte en fer, des timbres collés sur un cahier, de vieilles pages jaunies : derrière ce petit inventaire se cache une pluie de compléments d'objet direct placés avant le verbe, exactement ce qui déclenche l'accord.
Les cas s'enchaînent au féminin pluriel, au masculin pluriel, au féminin singulier, et même une fois au futur antérieur, histoire de montrer que le temps composé ne change rien à la règle. Le corrigé suit l'ordre du texte, phrase après phrase. On y apprend à poser la question « quoi ? » pour débusquer le COD, à retrouver le mot qu'il remplace, et à ne pas tomber dans les pièges habituels : l'homophone m'a face à ma, l'adjectif qui ne s'accorde pas comme le participe, l'ordre des pronoms compléments.
- Longueur
- 114 mots
- Durée
- ≈ 8 min
- Difficulté
- Intermédiaire
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Le texte de la dictée 5e
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 5e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
les lettres qu'il m'a envoyées / je les ai rangées / Celle que j'ai lue
C'est le cœur de la dictée. Employé avec l'auxiliaire avoir, le participe passé ne s'accorde jamais avec le sujet ; il s'accorde avec le complément d'objet direct, mais seulement quand ce COD est placé AVANT le verbe. La bonne habitude : après le participe, on pose la question « quoi ? ». Dans « les lettres qu'il m'a envoyées », le « qu' » remplace « les lettres » (il a envoyé quoi ? les lettres) et il est bien devant : on accorde au féminin pluriel, envoyées. Rebelote avec « je les ai rangées », où « les » reprend encore « les lettres ». Et dans « Celle que j'ai lue », « que » renvoie à « Celle », c'est-à-dire une seule lettre : féminin singulier, lue avec un simple -e.
qu'il avait visités / qu'il avait traversés / que j'ai collés / qu'il m'aura confiés
Même mécanique, mais cette fois le COD antéposé est masculin pluriel : le participe prend un -s. « les temples qu'il avait visités », « les marchés qu'il avait traversés », « les timbres que j'ai collés »… Deux points méritent l'attention en 5e. D'abord, peu importe le temps composé : plus-que-parfait (avait visités) ou futur antérieur (« les récits qu'il m'aura confiés »), la règle est identique, on accorde avec le COD placé devant. Ensuite, gare à la terminaison : on écrit collés et non collées, parce que le COD est « les timbres » (masculin), pas « les lettres ».
Ces lettres, ma sœur les avait aperçues / Je les ai gardées
Le vrai piège de lecture. Juste avant, on parle des « timbres » (masculin) ; l'œil pressé accorderait donc au masculin. Mais la phrase commence par « Ces lettres » : c'est ce groupe que « les » reprend. Il a beau être rejeté en tête de phrase, il reste le COD, féminin pluriel, placé avant le verbe. On écrit donc aperçues. Et comme « les » continue de désigner les lettres, « Je les ai gardées » s'accorde de la même façon. Morale : on ne se fie pas au nom le plus proche, on cherche celui que le pronom remplace vraiment.
Ces pages que le temps a jaunies
Le piège tendu au sujet. Le verbe a pour sujet « le temps », masculin singulier, et l'oreille réclame « a jauni ». Sauf qu'avec avoir, on ne regarde jamais le sujet ! Le COD, c'est « que », qui renvoie à « Ces pages » : le temps a jauni quoi ? les pages, féminin pluriel, et devant le verbe. D'où jaunies. Le bon réflexe : distinguer qui fait l'action (le sujet) de ce qui la subit (le COD).
m'a envoyées, m'a demandé (et non « ma »)
Un homophone qui piège tout le monde. « m'a » se décompose en « me + a » (le verbe avoir) ; on peut le remplacer par « m'avait » : « il m'avait envoyées », « elle m'avait demandé ». Si le remplacement passe, c'est bien « m'a » en deux morceaux, jamais « ma », qui, lui, est un déterminant possessif (ma sœur, ma boîte). Au passage, notez « m'a demandé » qui reste invariable : ici « me » est un complément d'objet indirect (demander à quelqu'un), et ce qu'on demande, c'est « de les prêter », donc aucun accord.
les timbres colorés
Attention à ne pas mélanger deux accords voisins. « colorés » est un adjectif épithète : il s'accorde tout seul avec le nom qu'il qualifie, « les timbres » (masculin pluriel), sans qu'on ait à chercher le moindre COD. C'est un accord bien plus simple que celui du participe, mais comme il se trouve à deux mots de « collés », il sert de petit test de vigilance.
de les lui prêter / à eux seuls
Deux finesses pour finir. Dans « de les lui prêter », l'ordre des pronoms est imposé : le COD « les » passe avant le COI « lui » (prêter quelque chose à quelqu'un). Et « à eux seuls » s'écrit avec « seuls » au masculin pluriel, parce qu'il renvoie aux « timbres » : la tournure veut dire « à eux tout seuls ».
Les notions travaillées
- le participe passé avec avoir (COD antéposé)
- Participe passé avec avoir
- COD antéposé
- Homophones m'a / ma
- Accord de l'adjectif
- Pronoms compléments