Dictée 5e : Le tournoi des chevaliers
Trompettes, lices et armures : le décor d'un tournoi médiéval sert ici de terrain d'entraînement pour l'un des chapitres les plus glissants du programme de 5e, l'accord du participe passé. Le texte multiplie les cas de figure : participe employé seul comme un adjectif, participe avec l'auxiliaire être, participe avec l'auxiliaire avoir précédé ou non de son complément d'objet direct, et verbes pronominaux qui font trébucher même les bons élèves. Rien n'a été mis là au hasard : chaque forme illustre une règle précise, et le corrigé qui suit démonte le raisonnement mot à mot.
Un conseil : lisez le passage à voix haute d'abord, pour voir la scène, puis recopiez au calme. L'oreille, toutefois, ne vous sauvera pas. Plusieurs terminaisons se prononcent exactement pareil alors qu'elles s'écrivent autrement, et c'est justement là que le piège se referme. Tout se décide à l'écrit, dans la logique de l'accord, pas dans le son.
- Longueur
- 112 mots
- Durée
- ≈ 7 min
- Difficulté
- Difficile
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Le texte de la dictée 5e
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 5e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
avaient dressés / avait choisi
Ces deux formes emploient l'auxiliaire avoir et illustrent les deux versants de la règle. Avec avoir, le participe s'accorde avec le complément d'objet direct (COD), mais uniquement si ce COD est placé AVANT le verbe. Dans « les gradins que les serviteurs avaient dressés », le COD est le pronom relatif « que », qui reprend « les gradins » (masculin pluriel) : il vient avant, donc on accorde → dressés. Regarde le cas inverse : « avait choisi les couleurs ». Ici le COD « les couleurs » est APRÈS le verbe, donc pas d'accord, le participe reste invariable → choisi. Le réflexe à prendre : repère le COD, puis demande-toi simplement s'il est avant ou après. Même mécanique avec « avaient retenu leur souffle » (COD après → retenu) et « eut donné le signal » (COD après → donné).
qu'on lui avait promises / que la victoire avait annoncées
Encore de l'auxiliaire avoir avec un COD placé devant, mais au féminin cette fois, ce qui rend le -e à peine audible. Dans « les récompenses qu'on lui avait promises », le « que » remplace « les récompenses » (féminin pluriel), antéposé : on accorde → promises, avec -e et -s. Piège classique : ne prends surtout pas « lui » pour le COD. « Lui » répond à la question « à qui ? », c'est un complément d'objet second, il ne pèse rien dans l'accord. Pareil pour « les fêtes que la victoire avait annoncées » : « que » = les fêtes (féminin pluriel), avant le verbe → annoncées. La marque du féminin ne s'entend presque pas, mais elle est obligatoire.
s'étaient avancés / se sont brisées / s'est agenouillé
Les pronominaux, c'est le vrai morceau de bravoure de la 5e. Pour ces trois-là (s'avancer, se briser, s'agenouiller), le pronom « se » ne peut pas s'analyser comme un COD : l'accord se fait alors avec le SUJET. « Les chevaliers s'étaient avancés » → sujet masculin pluriel → avancés. « Les lances se sont brisées » → sujet féminin pluriel → brisées. « Le vainqueur s'est agenouillé » → sujet masculin singulier → agenouillé, sans -s. La démarche à retenir : vérifie d'abord si « se » est un COD placé avant (rare ici) ; sinon, tu accordes avec le sujet.
revêtus, salués, assise, désarçonnés, tombés, émues, couvert, remises
Ces participes jouent le rôle d'un adjectif ou suivent l'auxiliaire être : ils s'accordent tout bêtement avec le nom auquel ils renvoient. « Les chevaliers revêtus... salués » → masculin pluriel. « La reine assise » → féminin singulier (et l'on écrit bien assise, pas « assie »). « Deux cavaliers désarçonnés sont tombés » : désarçonnés est épithète, tombés suit l'auxiliaire être → les deux au masculin pluriel. « Les dames émues » → féminin pluriel. « Le vainqueur couvert de gloire » → masculin singulier, couvert (surtout pas « couvers »). Enfin, « les récompenses furent aussitôt remises » : l'auxiliaire être, ici au passé simple d'un passif, impose l'accord avec le sujet féminin pluriel → remises.
les bannières brodées d'or
Un piège plus discret : brodées est un participe passé employé comme adjectif épithète. Il s'accorde avec « les bannières » (féminin pluriel) → brodées. Ne te laisse pas déstabiliser par « d'or » juste derrière : ce complément ne pèse rien dans l'accord, qui se règle uniquement avec le nom noyau du groupe, ici bannières.
le héraut / qu'elle porterait / la nuit tombée
Trois pièges à part. « Le héraut » désigne l'officier qui proclame ; il ne s'écrit pas comme « le héros » et se termine par -aut, avec un h aspiré (d'où « le héraut », sans élision). « Les couleurs qu'elle porterait » est un conditionnel présent, employé pour exprimer le futur vu du passé : terminaison -ait, à ne pas confondre avec un futur en -ra. Quant à « la nuit tombée », c'est de nouveau un participe passé devenu adjectif, accordé au féminin singulier avec nuit.
Les notions travaillées
- l'accord du participe passé
- Accord du participe passé
- Auxiliaire être / avoir
- Verbes pronominaux
- Place du COD
- Homophones lexicaux