Dictée 6e : La cité antique
Première dictée de l'année, et déjà un grand classique : ces petits mots qui sonnent pareil à l'oreille mais ne s'écrivent pas de la même façon. ce ou se ? c'est ou s'est ? Impossible de trancher au son seul, il faut s'arrêter une seconde avant de poser la lettre. Ici, ces homophones sont semés dans une visite : une classe de sixième arpente les vestiges d'une ville disparue, croise un guide, une mosaïque, une colonne effondrée. Le texte se lit à voix haute sans accroc, et pourtant presque chaque phrase tend un piège.
Le corrigé reprend les occurrences une à une et rappelle l'astuce du remplacement, celle qui fonctionne à tous les coups. On en profite pour glisser deux ou trois difficultés voisines du niveau : l'accord du participe passé avec l'auxiliaire être, et le pluriel ces, cousin de toute cette famille de démonstratifs qu'on adore confondre.
- Longueur
- 115 mots
- Durée
- ≈ 8 min
- Difficulté
- Intermédiaire
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Le texte de la dictée 6e
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 6e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
« Ce matin-là », « Ce détail », « ce grand espace », « Ce silence », « ce voyage », « ce lieu »
À chaque fois, ce est un déterminant démonstratif : il se pose juste devant un nom (matin, détail, espace, silence, voyage, lieu) et sert à montrer la chose dont on parle, comme si on pointait du doigt. Le test le plus sûr : on le remplace par un autre déterminant, le ou un. « Le matin-là, le détail, le silence » : ça tient debout, donc on écrit ce, avec c. Quand ce remplacement par le ou un devient impossible, c'est qu'on a affaire au pronom se, avec s.
« se dirige », « se tait », « se penche », « se demande », « se couche », « se dit », « se promet »
Ici se est un pronom personnel réfléchi : il se colle toujours à un verbe et renvoie à la même personne que le sujet (la classe se dirige elle-même, Léa se penche sur la mosaïque, c'est bien elle qui se penche). L'astuce imparable : on change de personne. Avec je, « se » devient me (je me dirige, je me penche) ; avec tu, il devient te. Si la transformation marche, c'est se avec s. Et jamais on ne pourrait dire « le dirige » ou « un penche » : voilà pourquoi ce n'est pas le démonstratif ce.
« C'est ici », « c'est une scène », « c'est celui »
c'est, c'est la contraction de cela est (ou ceci est). On vérifie sans effort : « Cela est ici que battait le cœur », « cela est une scène de chasse », « cela est celui d'un monde disparu ». La phrase garde tout son sens, donc on écrit c'est, avec un c et une apostrophe. Ce petit tour sert à présenter ou à désigner quelque chose. Le danger, c'est de le confondre avec s'est, qui, lui, appartient à un verbe.
« s'est conservée », « s'est vidé », « s'est effondrée »
s'est, c'est se + est : le pronom réfléchi se (écrit s' devant une voyelle) suivi de l'auxiliaire être. On repère ces formes à un signe qui ne trompe pas : un participe passé arrive juste derrière (conservée, vidé, effondrée). Deux vérifications : soit on change de personne, « la mosaïque s'est conservée » donne « les mosaïques se sont conservées » ; soit on essaie « cela est conservée »… et ça ne veut rien dire. Donc pas de c'est possible ici.
L'accord : « conservée », « effondrée », « vidé »
Avec l'auxiliaire être, le participe passé s'accorde avec le sujet, et c'est là qu'on se fait piéger. Une scène « s'est conservée » et une colonne « s'est effondrée » : sujets féminins singuliers, donc terminaison en -ée. Mais le forum « s'est vidé » est masculin, donc vidé, sans e. À l'oreille, conservée, vidé et effondrée se prononcent pareil : il faut chercher le sujet des yeux avant d'écrire, pas se fier au son.
« ces habitants »
Attention, encore un sosie ! ces est le déterminant démonstratif au pluriel : il désigne plusieurs êtres ou objets (ces habitants = ces habitants-là). Pour vérifier, on repasse au singulier avec cet ou ce : « cet habitant » fonctionne, donc le pluriel s'écrit bien ces. Si l'on avait pu dire « ses » au sens des siens, on écrirait ses avec un s ; ici, pas de possession, c'est donc ces.
« matin-là » et « cœur »
matin-là s'écrit avec un trait d'union : le petit mot là s'accroche au nom pour insister sur ce jour-là en particulier. Quant à cœur, il réclame la ligature œ, ces deux lettres soudées en une seule, exactement comme dans sœur ou bœuf : on n'écrit jamais coeur avec un o et un e séparés.
Les notions travaillées
- les homophones ce / se, c'est / s'est
- ce / se
- c'est / s'est
- accord du participe passé avec être
- ces / ses