Dictée 6e : Les couleurs de l'automne
Nous voici à la quatrième étape, et pas la plus reposante : l'accord des adjectifs de couleur, ce domaine où même les adultes hésitent une seconde avant d'écrire. Le décor ? Un parc en octobre, choisi exprès parce que les teintes y débordent de partout. Votre enfant va donc croiser des couleurs qui s'accordent bien sagement avec leur nom, et d'autres, tout aussi banales, qui restent figées quoi qu'il arrive. Reconnaître ces deux familles du premier coup d'œil, c'est là que tout se joue.
Je n'ai pas résisté, au passage, à semer quelques embûches plus classiques pour une 6e : un participe passé qui joue les adjectifs, un même mot qui bascule de la couleur au fruit selon la phrase, et un petit démonstratif qu'on confond une fois sur deux avec son voisin. Rien d'infranchissable, à condition de lire lentement. Le corrigé reprend chaque groupe piégeux du texte et vous donne, à chaque fois, le petit truc à retenir plutôt qu'une règle à réciter par cœur.
- Longueur
- 102 mots
- Durée
- ≈ 7 min
- Difficulté
- Difficile
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Le texte de la dictée 6e
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 6e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
Les feuilles… rouges / des teintes vertes
Ce sont les cas simples, et heureusement les plus fréquents. Un adjectif de couleur formé d'un seul mot s'accorde normalement en genre et en nombre avec le nom qu'il qualifie. « rouges » s'accorde avec « feuilles » (féminin pluriel), « vertes » avec « teintes » (féminin pluriel aussi). Le réflexe à installer : je cherche le nom, je pose la question « rouges quoi ? » → les feuilles, donc pluriel. Tant que la couleur tient en un seul mot et n'est pas un nom déguisé, on accorde sans hésiter.
des feuilles orange
Piège classique, et il tombe presque à tous les coups. « orange » ne prend PAS de s, alors qu'on parle bien de plusieurs feuilles. La raison ? Orange est d'abord le nom d'un fruit. Quand on emploie un nom de fruit ou d'objet comme couleur, il reste invariable, comme si l'on disait « des feuilles couleur d'orange ». Même chose pour marron, olive, citron, saumon. Astuce : si je peux glisser « couleur de… » devant, le mot ne bouge plus. À mettre de côté quand même : rose, mauve, pourpre, écarlate et fauve, que l'usage a transformés en vrais adjectifs et qui, eux, s'accordent (des rubans roses).
les baies rouge vif / quelques pétales jaune paille
Dès qu'un adjectif de couleur est composé de deux mots, deux couleurs, ou une couleur précisée par un autre terme, l'ensemble devient invariable d'un bloc. Ici « rouge vif » et « jaune paille » ne prennent aucune marque, alors même que « baies » et « pétales » sont au pluriel. On sous-entend « d'un rouge vif », « d'un jaune paille ». Le principe vaut aussi pour bleu clair, vert foncé ou gris-bleu. C'est exactement l'inverse du premier cas : la couleur en un mot s'accorde, la couleur en deux mots se fige.
des marrons luisants
Attention au faux ami, il piège les élèves attentifs. On vient de dire que « marron » couleur est invariable ; or ici « marrons » prend bel et bien un s ! C'est que dans cette phrase, marron n'est plus une couleur mais un nom : les marrons, ce sont les fruits tombés au sol, au même titre que des cailloux ou des feuilles. En tant que nom, il se met tout naturellement au pluriel. Le sens tranche : « des gants marron » (la couleur, invariable) mais « ramasser des marrons » (les fruits, pluriel). Quant à « luisants », c'est un adjectif ordinaire qui s'accorde avec ce nom pluriel.
leurs cimes dorées / les joues rougies
« dorées » et « rougies » sont des participes passés (de dorer, de rougir) employés comme de simples adjectifs : ils s'accordent donc avec le nom, exactement comme n'importe quel adjectif. « dorées » suit « cimes », « rougies » suit « joues » (féminin pluriel dans les deux cas). Le piège à éviter : confondre « rougies » avec la couleur « rouge ». Ce n'en est pas une, c'est un participe, et il obéit à la règle générale de l'accord de l'adjectif.
celles des chênes
« celles » est un pronom démonstratif : il remplace « les feuilles » pour éviter de répéter (les feuilles des chênes). Surtout, ne pas l'écrire « ces », qui est un déterminant et se planterait devant un nom (ces feuilles). Le test qui sauve : « celles » se remplace par « celles-là », alors que « ces » en est incapable. Et comme il reprend « feuilles », il reste au féminin pluriel.
heureux d'avoir vu l'automne peindre
Le participe passé « vu » ne bouge pas ici, et beaucoup voudraient pourtant l'accorder. Avec l'auxiliaire avoir, on n'accorde que si le complément d'objet direct est placé AVANT le verbe. Or ce qui est vu (« l'automne peindre le monde ») arrive APRÈS le participe : donc aucun accord, « vu » reste nu, même si « Nous » désigne plusieurs promeneurs. Retenez-le une bonne fois : le sujet n'a jamais son mot à dire sur un participe employé avec avoir.
Les notions travaillées
- l'accord des adjectifs de couleur
- Accord des adjectifs de couleur
- Couleurs composées invariables
- Participe passé employé comme adjectif
- celles / ces
- Participe passé avec avoir