Dictée Brevet : La traversée
Deuxième dictée de l'année, et le ton monte d'un cran. « La traversée » vous embarque sur une barque secouée par la tempête, dans un récit au passé où presque chaque phrase tend un piège d'accord. Le format reproduit celui de l'épreuve de français du DNB : un texte court, dense, lu à voix haute, où la ponctuation et les temps composés font toute la difficulté.
La vedette du jour, c'est le participe passé sous toutes ses formes : accordé avec le sujet, accordé ou non avec le complément d'objet direct, figé quand un verbe pronominal cache un complément indirect, invariable juste devant un infinitif. Les verbes pronominaux et la concordance des temps ajoutent leur grain de sel. Lisez lentement, repérez d'abord qui fait quoi, puis demandez-vous, pour chaque participe, s'il possède un donneur d'accord et où se cache ce donneur. Le corrigé démonte ensuite les cas les plus retors, un par un, en citant les mots du texte.
- Longueur
- 148 mots
- Durée
- ≈ 10 min
- Difficulté
- Expert
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Le texte de la dictée Brevet
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée Brevet, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
« avait rassemblés », « avions passées », « avait puisé »
Trois participes passés avec l'auxiliaire avoir, et pourtant ils ne se comportent pas pareil. La règle : le PP avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct s'il est placé AVANT le verbe. Dans « les passagers que le vieux marin avait rassemblés », le « que » remplace « les passagers » (masculin pluriel), placé avant : accord, donc rassemblés. Même mécanique pour « les heures que nous avions passées » : « que » reprend « les heures » (féminin pluriel), d'où passées. En revanche, dans « le courage que chacun avait puisé », « que » reprend « le courage » (masculin singulier) : puisé reste au singulier, sans -s. L'astuce : posez la question « avait puisé quoi ? », repérez la réponse, et n'accordez que si elle est déjà passée devant le verbe.
« s'était assise », « s'étaient endormis »
Verbes pronominaux. Quand le pronom réfléchi (se, s') est complément d'objet direct, le participe s'accorde avec le sujet. « Ma sœur s'était assise » : on s'assoit soi-même, « s' » est COD, sujet féminin singulier, donc assise. « Les enfants... s'étaient endormis » : sujet masculin pluriel, d'où endormis. Piège classique au Brevet : on entend bien le son, mais on oublie le -e ou le -s parce que l'auxiliaire est être et non avoir. Ne vous fiez pas à votre oreille, revenez au sujet.
« avions tant espéré atteindre »
Le cas le plus discriminant de la dictée. Un participe passé suivi immédiatement d'un infinitif reste invariable quand le COD est en réalité le groupe infinitif tout entier. Ici, ce que nous espérions, ce n'était pas « les côtes », c'était « atteindre » ces côtes. Le vrai COD de « espéré » est l'action « atteindre les côtes », placée après : donc espéré, invariable, malgré le pluriel « les côtes » collé juste à côté. À comparer avec « les musiciens que j'ai entendus jouer » : là, ce sont les musiciens qui jouent, on accorde. Le test : si le nom antéposé fait l'action de l'infinitif, on accorde ; sinon, on laisse invariable.
« se sont serré la main »
Autre piège pronominal, exactement à l'envers du précédent. Dans « se serrer la main », on serre la main À quelqu'un : le « se » est complément d'objet INDIRECT, pas COD. Le vrai COD, c'est « la main », et il est placé APRÈS le participe. Résultat : aucun accord, serré reste invariable. On écrit donc « les hommes se sont serré la main » sans -e ni -s, même si le sujet est masculin pluriel. Beaucoup d'élèves écrivent « serrés » par réflexe : c'est faux, et ça se sanctionne.
« nous avaient paru interminables »
« paru » vient de paraître, verbe intransitif : il n'a jamais de COD, donc son participe reste toujours invariable, peu importe le sujet. Ne vous laissez pas piéger par « les heures » juste avant : c'est l'attribut « interminables » qui, lui, s'accorde avec « les heures » (féminin pluriel), tandis que paru ne bouge pas. Deux mécanismes d'accord voisins dans la même phrase, à bien démêler.
« avions-nous affrontés », « avait tendue », participes-adjectifs et passé antérieur
Dernier tour d'horizon. L'interrogation avec inversion d'abord : « Combien de dangers avions-nous affrontés ? » : le COD « combien de dangers » est placé avant le verbe, masculin pluriel, donc affrontés s'accorde. Le relatif ensuite : « la corde qu'on lui avait tendue » : « que » reprend « la corde », féminin singulier placé avant, d'où tendue. Puis tous les participes employés comme adjectifs ou avec être, qui s'accordent avec le nom qu'ils qualifient : « la barque, lancée », « Épuisée, ma sœur », « la nuit tombée », « la tempête calmée », « les épreuves surmontées ». Méfiez-vous enfin du passé antérieur « la barque eut touché le sable » : touché est suivi de son COD « le sable », placé après, donc invariable là encore.
Les notions travaillées
- le participe passé (tous les cas)
- Participe passé (tous les cas)
- Accord du PP pronominal
- PP suivi d'un infinitif
- Concordance des temps
- Accord du PP avec avoir et le COD antéposé