Dictée Terminale : L'héritage des mots
Voici la dictée la plus exigeante du produit, conçue comme une synthèse. Elle réunit, dans un même texte, tout ce que les épreuves précédentes ont isolé : locutions latines invariables, lexique savant à consonnes traîtresses, participes passés dans leurs cas les plus fins, subjonctif imparfait de concordance et majuscules savantes. Le sujet — un autodidacte qui a fait des mots la matière de sa vie — met en abyme l'exigence orthographique elle-même.
Aucune règle nouvelle : seulement leur combinaison maximale, dans des phrases longues où chaque mot peut faire trébucher. Le corrigé parcourt le texte cas par cas, rassemble les locutions latines, éclaire les graphies rares, et revient une dernière fois sur les accords du participe passé suivi d'un infinitif et sur le pronominal transitif — le point qui sépare, en fin de lycée, la maîtrise de l'à-peu-près.
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Le texte de la dictée Terminale
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée Terminale, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
Les locutions latines : a priori, grosso modo, in extremis, statu quo, in petto
Ces locutions empruntées au latin gardent leur graphie d'origine et sont invariables. « A priori » s'écrit en deux mots, sans accent sur le a et sans trait d'union (l'usage sans italique et sans accent est le plus courant) ; « grosso modo », « in extremis », « in petto » de même. « Le statu quo » prend l'article français mais reste invariable : ni s, ni accent. Ces expressions se distinguent de leurs équivalents français (a priori = au premier abord ; in extremis = de justesse) et se retiennent globalement.
Le lexique savant : acrimonie, dithyrambe, paroxysme, exsangue
L'orthographe lexicale rare piège par des lettres qu'on n'entend pas ou qu'on n'attend pas. « Dithyrambe » et « paroxysme » gardent le y grec ; « exsangue » aligne un x suivi d'un s (ex-sanguis, sans sang), séquence que l'on écrit rarement d'un trait sûr. « Acrimonie » ne double pas le c. « Bénédictin » et « pédant » complètent ce vocabulaire cultivé. Aucune règle ne prédit ces graphies : elles s'acquièrent par la lecture et se vérifient au dictionnaire.
qu'on lui avait prêtés, qu'il avait dû rendre, qu'on l'avait entendu donner
Trois participes, trois traitements. « Les livres qu'on lui avait prêtés » : COD antéposé masculin pluriel, donc accord, « prêtés ». « Ceux qu'il avait dû rendre » : « dû » est suivi d'un infinitif, le vrai COD est la proposition « rendre ceux-ci », donc invariable (avec son circonflexe distinctif). « Les conférences qu'on l'avait entendu donner » : « entendu » suivi d'un infinitif ne s'accorde que si le COD fait l'action ; or les conférences sont données, elles ne donnent pas — invariable.
qu'il s'était imposée, il l'avait faite sienne
« La rigueur qu'il s'était imposée » : le verbe pronominal « s'imposer quelque chose » a un COD, « que » (= la rigueur), placé avant l'auxiliaire ; le participe s'accorde avec ce COD, non avec le sujet, d'où « imposée » au féminin. De même « il l'avait faite sienne » : le COD « l' » (= la rigueur) précède, donc « faite ». Attention à ne pas confondre avec « fait » invariable devant infinitif : ici « faite » a un attribut du COD (sienne), pas un infinitif.
qu'il eût publié, qu'on ne la laissât, qu'ils n'en perdissent
La concordance impose le subjonctif littéraire dans un récit au passé. « Bien qu'il eût publié maint ouvrage » : plus-que-parfait du subjonctif, antériorité. « Il craignait qu'on ne la laissât s'appauvrir » et « que les générations n'en perdissent le goût » : subjonctif imparfait (laisser, perdre), avec « ne » explétif après craindre. « Il eût pu » est un conditionnel passé deuxième forme (= il aurait pu). Enfin « s'il en fut » et « Nul ne sut » sont des passés simples de l'indicatif, sans circonflexe — à opposer point par point aux subjonctifs « fût » et « eût ».