Dictée Seconde : Le phare au crépuscule
Cette première dictée de l'année ouvre la Seconde par une révision exigeante des fondamentaux du collège. Le texte, d'un lyrisme retenu, décrit un gardien de phare guettant la tempête. On y trouve tout ce qui rend l'accord du verbe difficile au lycée : des sujets collectifs suivis d'un complément au pluriel, des sujets inversés après un complément circonstanciel, des propositions relatives dont le pronom relatif est sujet, et des groupes coordonnés par « ou » ou « ni ».
La véritable épreuve n'est pas de reconnaître la règle, que l'élève connaît, mais de repérer le vrai sujet quand la phrase l'éloigne du verbe ou l'inverse. Le corrigé isole chaque configuration piège, montre comment poser la question « qui est-ce qui ? » et rappelle au passage quelques homophones grammaticaux du registre soutenu que ce texte met en jeu.
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Le texte de la dictée Seconde
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée Seconde, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
la foule des mouettes affamées tournoie
Sujet collectif suivi d'un complément au pluriel : le noyau du sujet est « la foule », singulier, et « des mouettes affamées » n'est qu'un complément du nom. Le verbe s'accorde donc au singulier : « tournoie ». On accepterait le pluriel avec un nom collectif suivi d'un complément si l'on insistait sur la pluralité, mais avec « la foule de » l'usage soutenu maintient le singulier. Astuce : on isole le noyau en posant « qui est-ce qui tournoie ? — la foule », et non « les mouettes ».
que les tempêtes ont épargnée
Le pronom relatif « que » reprend « une chapelle », complément d'objet direct placé avant le verbe : le participe passé employé avec « avoir » s'accorde donc au féminin singulier, « épargnée ». On vérifie en remplaçant : les tempêtes ont épargné quoi ? — la chapelle, féminin. Ce cas anticipe la règle du COD antéposé travaillée plus loin dans l'année.
Ni la pluie ni le vent ne l'ont jamais retenu
Deux sujets coordonnés par « ni… ni… » qui agissent tous les deux : le verbe se met au pluriel, « ont retenu ». On n'emploierait le singulier que si un seul des deux pouvait accomplir l'action, ce qui n'est pas le cas ici. Le participe « retenu » reste invariable car le COD « l' » est masculin singulier (le gardien).
Une multitude de vagues se brisent
Avec les collectifs « une multitude de », « une foule de », « un grand nombre de » suivis d'un pluriel, l'accord se fait le plus souvent avec le complément quand on veut souligner la masse indistincte : « se brisent », au pluriel, est ici pleinement correct et même préférable. C'est le contraire de « la foule des mouettes » : comparer les deux permet de sentir que l'accord dépend du sens et du déterminant.
Sur la mer démontée s'avancent deux barques
Sujet inversé. Le complément circonstanciel « sur la mer démontée » ouvre la phrase et le verbe précède son sujet. Il faut chercher le vrai sujet après le verbe : ce sont « deux barques », pluriel, d'où « s'avancent ». L'erreur serait d'accorder avec « la mer », proche du verbe mais simple complément de lieu.
Quant à moi, disait-il
« Quant à » (au sens de « en ce qui concerne ») s'écrit avec un t, à ne pas confondre avec « quand » (le temps, « lorsque ») ni avec « qu'en » (« que… en »). Trois homophones savants : quand tu voudras / quant à ton avis / qu'en penses-tu. Ici seul « quant à moi » convient. Noter aussi l'incise « disait-il » avec son trait d'union.
quel courage exige cette solitude
Attention au sujet inversé dans l'interrogative indirecte : le verbe « exige » a pour sujet « cette solitude », placé après lui, et non « quel courage » qui en est le COD. On dit « cette solitude exige quel courage » : le singulier « exige » est donc correct. « Quel » est ici déterminant exclamatif accordé au masculin singulier avec « courage ».