Dictée Seconde : Les lettres retrouvées
Deuxième étape de la progression, cette dictée attaque de front le chapitre roi de l'orthographe française : l'accord du participe passé. Le récit, intimiste, suit une femme qui exhume des lettres oubliées dans un grenier. Le texte fait alterner à dessein les participes avec l'auxiliaire « être », qui s'accordent avec le sujet, et les participes avec « avoir », qui restent invariables tant que le complément d'objet direct ne les précède pas.
Le piège central est le COD antéposé : lettres « qu'elle avait écrites », enveloppe « qu'il avait scellée ». L'élève doit apprendre le réflexe : trouver le participe, poser la question « qui ? quoi ? », et vérifier si la réponse est déjà passée avant le verbe. Le corrigé décortique chaque occurrence, y compris les cas où « en » ou un complément indirect n'entraîne aucun accord.
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Le texte de la dictée Seconde
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée Seconde, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
Les malles étaient restées fermées
Avec l'auxiliaire « être », le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le sujet : « les malles » étant féminin pluriel, on écrit « restées » et l'attribut « fermées » de même. Le réflexe « être = accord avec le sujet » vaut aussi pour la voix passive et pour les verbes de mouvement conjugués avec être.
les lettres qu'elle avait tant cherchées
Participe passé avec « avoir » et COD antéposé. Le COD est « qu' », mis pour « les lettres », placé avant le verbe : on accorde donc au féminin pluriel, « cherchées ». Méthode : « elle avait cherché quoi ? — les lettres », réponse antéposée, donc accord. L'adverbe « tant » intercalé ne change rien.
Elle en avait reçu des dizaines
Le pronom « en » n'entraîne pas l'accord du participe passé : « reçu » reste invariable. « En » a une valeur partitive (« des lettres parmi d'autres ») et n'est pas un vrai COD antéposé au sens de la règle. À comparer avec « les lettres qu'elle avait cherchées » : ici, pas d'accord, malgré la proximité.
Les mots que son père lui avait adressés
Le COD antéposé « que » reprend « les mots », masculin pluriel : accord en « adressés ». Attention au piège du « lui » : c'est un complément d'objet indirect (adresser quelque chose à quelqu'un), il ne commande jamais l'accord. Seul compte le COD, ici antéposé.
Les promesses qu'ils s'étaient faites
Verbe pronominal « se faire » : le pronom réfléchi « s' » est ici complément d'objet indirect (faire des promesses à soi), donc l'accord se fait avec le COD antéposé « qu' » = « les promesses », féminin pluriel : « faites ». On anticipe le chapitre des pronominaux : la clé reste le COD placé avant le verbe.
Camille s'est assise, a relu les pages, puis les a rangées
Trois cas d'affilée. « S'est assise » : pronominal, accord avec le sujet féminin, « assise ». « A relu les pages » : COD « les pages » placé après le verbe, donc aucun accord, « relu » invariable. « Les a rangées » : le COD « les » (= les pages) est antéposé, accord au féminin pluriel, « rangées ». Le même texte oppose ainsi COD postposé (pas d'accord) et COD antéposé (accord).
jusqu'à ce que la nuit fût tombée
Après « jusqu'à ce que », locution qui exige le subjonctif, on a le subjonctif plus-que-parfait « fût tombée » (auxiliaire être au subjonctif imparfait + participe). Le circonflexe sur « fût » distingue le subjonctif de « fut », passé simple de l'indicatif. Le participe « tombée » s'accorde avec le sujet féminin « la nuit ».