Dictée Seconde : La répétition au théâtre
Au cœur de l'année, cette dictée aborde ensemble trois difficultés de la période : l'accord du participe passé des verbes pronominaux, l'emploi du subjonctif après les conjonctions de subordination, et la ponctuation du discours rapporté. La scène se déroule dans un théâtre, où une troupe s'épuise à répéter jusqu'à l'aube.
Les pronominaux concentrent les pièges les plus subtils du français : « elles se sont enfuies » (accord avec le sujet), mais « elles se sont parlé » (pronom complément indirect, invariable), et « les répliques qu'ils se sont dites » (COD antéposé). Le texte fait aussi entendre des paroles rapportées, avec deux-points, guillemets, incises et virgules à placer exactement. Le corrigé démonte chaque mécanisme et rappelle pourquoi le même verbe pronominal s'accorde ici et reste figé là.
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Le texte de la dictée Seconde
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée Seconde, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
Les comédiennes se sont installées, puis se sont concentrées
Verbes essentiellement ou occasionnellement pronominaux où le pronom réfléchi est COD : l'accord se fait avec le sujet. « Les comédiennes » étant féminin pluriel, on écrit « installées » et « concentrées ». On vérifie que « se » est bien COD : elles ont installé qui ? — elles-mêmes.
Les répliques qu'ils s'étaient données
Ici le pronom « s' » est complément d'objet indirect (donner quelque chose à soi), donc il ne commande pas l'accord. C'est le COD « qu' » = « les répliques », antéposé et féminin pluriel, qui l'entraîne : « données ». Sans ce COD antéposé, on écrirait « ils s'étaient donné des répliques », invariable.
se sont parlé, se sont souri, puis se sont tues
Trois pronominaux successifs, deux régimes opposés. « Se parler » et « se sourire » se construisent avec un complément indirect (parler à quelqu'un, sourire à quelqu'un) : le participe reste invariable, « parlé », « souri ». Mais « se taire » a un pronom réfléchi COD : accord avec le sujet féminin, « tues ». Le même texte oppose ainsi l'invariabilité (COI) et l'accord (COD).
elles s'étaient accordé une pause
« S'accorder quelque chose » : le COD est « une pause », placé après le verbe, et le pronom « s' » est complément indirect (accorder à soi). Le participe reste donc invariable : « accordé ». Si l'on avait dit « la pause qu'elles s'étaient accordée », le COD antéposé imposerait l'accord.
Bien qu'elles fussent épuisées ; il fallait que le rideau se levât
Déclencheurs du subjonctif : « bien que » et « quoi que » exigent le subjonctif, de même que « il fallait que » et « vouloir que ». Après une principale au passé, la concordance appelle le subjonctif imparfait : « fussent », « fût », « se levât », « coûtât ». Ces formes, encore attendues à l'écrit littéraire, se reconnaissent à leur circonflexe à la 3e personne du singulier.
« Reprenons la scène », lança la metteuse en scène / « J'ai peur, avoua l'une, que… »
Ponctuation de la citation. La parole rapportée est encadrée de guillemets ; l'incise (« lança la metteuse en scène », « avoua l'une ») se détache par des virgules et inverse le sujet et le verbe. À l'intérieur, le point d'exclamation ou d'interrogation se place avant le guillemet fermant, tandis que le point final est le plus souvent rejeté à l'extérieur.
sans qu'aucune s'en aperçût
« Sans que » impose le subjonctif ; au passé, on emploie le subjonctif imparfait « aperçût », avec circonflexe. Le pronom « en » ne provoque ici aucun accord de participe (il n'y en a pas), et « aucune », féminin singulier, commande le verbe au singulier.