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Dictée Terminaleles homophones et paronymes savants

Dictée Terminale : Les mots du souvenir

Cette première dictée de Terminale n'introduit aucune règle neuve : elle vous confronte, d'emblée, à la maîtrise attendue à l'entrée dans le supérieur. Le narrateur revient sur son enfance et interroge la nature du souvenir. Le piège n'est plus dans la conjugaison mais dans le lexique : des mots qui se prononcent à l'identique et qui, d'une lettre, changent de sens. Écrire « dessein » quand on pense « dessin », confondre « censé » et « sensé », c'est trahir la pensée elle-même.

Le corrigé isole chaque couple d'homophones et de paronymes savants rencontré dans le texte, en remonte à l'étymologie et propose une phrase-test pour trancher à coup sûr. Il s'arrête aussi sur trois participes passés antéposés et sur les accents à valeur distinctive — le circonflexe de « mûr » et de « sûre » — que tant de copies négligent. De quoi transformer une relecture hâtive en vérification méthodique.

208 mots≈ 8 minDifficulté : Expert
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Le texte de la dictée Terminale

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Longtemps, j'ai cru que le souvenir était un simple dessein de la mémoire, un croquis que l'on retouche à loisir. Je me trompais. Ce que j'avais pris pour un dessin naïf s'est révélé un dessein tenace, une volonté obscure de retenir ce qui fuyait. Les images que j'avais crues perdues resurgissaient, intactes, et celles que j'avais soigneusement conservées se décoloraient. Ma grand-mère, femme sensée s'il en fut, prétendait qu'un homme censé se souvenir de tout finirait par ne plus rien vivre. Elle avait raison. Dans le repaire de mon enfance, une vieille maison sûre de ses murs, chaque objet était un repère. Le grenier, où le jour filtrait à peine, sentait le bois mûr et la poussière. Rien n'y avait bougé, et pourtant tout m'y paraissait changé, comme si les années en avaient déplacé les ombres. J'y montais pour raisonner tout haut, et le silence, loin de me contredire, semblait résonner de mes propres doutes. Naguère, j'aurais juré que rien ne s'efface ; aujourd'hui, je sais que la mémoire, tel un philtre trop longtemps gardé, s'évapore. Il m'a fallu vieillir pour comprendre que se souvenir, c'est d'abord accepter d'avoir oublié.

Astuce : laissez le texte masqué pendant l'écoute, révélez-le seulement pour vous auto-corriger.

Corrigé commenté

Chaque piège de cette dictée Terminale, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.

1

dessein / dessin

Le texte joue sur ces deux homophones dès la première phrase, puis y revient. « Le dessin » (avec -in) est le tracé, le croquis : c'est le sens qu'on écarte ici. « Le dessein » (avec -ein) est l'intention, le projet, le propos délibéré : « un dessein tenace, une volonté obscure ». Pour trancher, on remplace mentalement par « intention » : si la phrase tient, on écrit -ein. La parenté avec « dessiner » aide pour l'autre : on ne dessine pas un projet.

2

sensé / censé

« Femme sensée » et « homme censé » se suivent volontairement. « Sensé » (de sens) qualifie ce qui est raisonnable, plein de bon sens : une personne sensée réfléchit juste. « Censé » (du latin censere, estimer) signifie « supposé, réputé » : un homme censé se souvenir est un homme qu'on suppose capable de se souvenir. Test infaillible : si l'on peut remplacer par « supposé », on écrit « censé » ; si l'on peut dire « raisonnable », on écrit « sensé ».

3

repaire / repère, filtrer / philtre, raisonner / résonner

Trois pièges de plus, tous présents dans le texte. Le « repaire » (avec -ai) est l'abri, la tanière — ici la maison d'enfance ; le « repère » (avec -è) est la marque qui guide — « chaque objet était un repère ». « Filtrait » vient de filtrer (le jour passe à travers) ; à ne pas confondre avec le « philtre » (breuvage magique), écrit avec ph, auquel la mémoire est comparée. Enfin « raisonner » (tenir un raisonnement) s'oppose à « résonner » (renvoyer un son) : on raisonne tout haut, le silence résonne.

4

les images que j'avais crues perdues

Deux participes passés s'accordent ici avec un COD placé avant l'auxiliaire avoir. « Les images que j'avais crues » : le que, mis pour images (féminin pluriel), est complément d'objet direct antéposé, donc « crues ». De même « celles que j'avais conservées ». L'attribut « perdues » s'accorde à son tour avec « images ». En revanche « Il m'a fallu vieillir » reste invariable : falloir est impersonnel, le « il » n'est pas un vrai sujet et la tournure n'admet pas de COD.

5

mûr, sûre, naguère et « s'il en fut »

Le circonflexe est distinctif : « le bois mûr » (arrivé à maturité) se distingue du « mur » de pierre ; « une maison sûre » (fiable) se distingue de « sur » la préposition. « Naguère » (naguère = il n'y a guère de temps) s'écrit sans accent grave sur le second e, contrairement à ce que l'oreille suggère. Enfin « s'il en fut » emploie « fut », passé simple de être (= s'il en exista jamais), et non le subjonctif « fût » : ici, aucune subordination n'appelle le subjonctif.

Les notions travaillées

les homophones et paronymes savantsHomophones lexicaux savantsParonymes savantsAccord du participe passéAccents distinctifs

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