Dictée Première : La page commentée
Cette avant-dernière dictée place l'élève dans la situation même du commentaire littéraire. Le texte alterne discours direct, avec ses guillemets et ses incises, et discours indirect, qui impose la concordance des temps et l'effacement de toute ponctuation interrogative. C'est le registre exact de l'épreuve écrite et orale de français.
Trois exigences s'y croisent : la ponctuation de la citation (guillemets, guillemets imbriqués, crochets d'ajout), les majuscules cultivées attendues au bac (titres d'œuvres, mouvements littéraires) et l'accord du verbe avec les noms collectifs et les fractions (la plupart, un tiers, la moitié). Le corrigé reprend chacune de ces conventions, dont la maîtrise est directement évaluée en commentaire.
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Le texte de la dictée Première
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée Première, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
« Écoutez, dit-il, comme… » : la ponctuation du discours direct
Le discours direct s'ouvre après un signe annonciateur et s'encadre de guillemets français (« … »). La proposition incise qui indique qui parle se glisse entre virgules et inverse le sujet : « Écoutez, dit-il, comme Baudelaire fait chanter le spleen. », « Le poète, ajouta-t-il, écrit… ». Le point final de la réplique se place à l'intérieur des guillemets. Cette typographie est celle que l'on attend dans tout devoir : elle signale sans ambiguïté le passage de la voix du narrateur à celle du personnage.
Il demanda ce que… si nous en percevions : le discours indirect
Au discours indirect, la question devient une subordonnée : plus de point d'interrogation, plus d'inversion, et concordance des temps. « Il demanda ce que nous inspirait cette poésie, si nous en percevions la modernité » ; « Il nous demanda si nous saurions… ». Comme le verbe introducteur est au passé, le présent devient imparfait (percevions) et le futur devient conditionnel : « il nous avait affirmé que nous comprendrions », « nous répondîmes que nous nous y efforcerions ». Ce glissement des temps est le cœur de la concordance du discours indirect.
Les Fleurs du mal, le Romantisme, les Symbolistes : les majuscules savantes
Les titres d'œuvres prennent la majuscule au premier mot et, ici, à l'article initial : « Les Fleurs du mal » (mais « mal » reste en minuscule). Les mouvements et écoles littéraires prennent la majuscule employés comme noms : « le Romantisme », « les Symbolistes ». On distinguerait ces noms de l'adjectif correspondant, qui, lui, resterait en minuscule (un poète romantique). Cet emploi cultivé de la majuscule est explicitement au programme de la Première.
« … écrit : "Je suis un cimetière…" » : citer dans une citation
Quand une citation se trouve à l'intérieur d'une réplique déjà entre guillemets français, on emploie pour elle les guillemets anglais (" … ") : le professeur, dont les paroles sont entre « … », cite à son tour un vers, entre " … ". Deux-points introduisent la citation exacte. Par ailleurs, l'élève « veillait à signaler d'un crochet le mot ajouté » : les crochets [ ] servent à marquer toute intervention sur la citation — un ajout, une coupe ou des points de suspension entre crochets. Ces conventions sont indispensables pour citer honnêtement un texte dans un commentaire.
La plupart retenaient / une poignée prenaient / un tiers recopiait / la moitié consistait
L'accord du verbe avec les collectifs et les fractions dépend du sens. Après « la plupart des élèves » et « une poignée d'entre eux », le verbe se met au pluriel, car on pense à la pluralité des individus : « retenaient », « prenaient ». Avec une fraction singulière suivie d'un complément, l'accord au singulier l'emporte quand on envisage l'ensemble : « Près d'un tiers de la classe recopiait », « la moitié du travail consistait ». Savoir justifier ces accords, et non les subir, est le signe d'une réelle maîtrise en fin de Première.