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Dictée Premièrela négation, l'interrogation et les paronymes savants

Dictée Première : La tribune de l'orateur

Ce texte de scène oratoire concentre les faits de langue de la quatrième période. Les tours de négation y sont travaillés dans toute leur variété — négation partielle, restriction ne… que, coordination ni… ni — et voisinent avec le passage constant de l'interrogation directe à l'interrogation indirecte, dont la ponctuation et la syntaxe diffèrent radicalement.

La richesse lexicale y est un piège à part entière : paronymes savants (conjoncture / conjecture, allocution / allocation), consonnes doubles du vocabulaire abstrait (dilemme, occurrences) et accords adjectivaux particuliers (une demi-heure, ci-joints). Le corrigé éclaire chacun de ces choix, qui séparent la copie sûre de la copie approximative.

175 mots≈ 9 minDifficulté : Expert
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Le texte de la dictée Première

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Nul ne savait quelle conjoncture avait précipité l'orateur à la tribune. On se demandait ce qu'il allait dire, et pourquoi une émotion si vive l'agitait. « Songez-vous vraiment, s'écria-t-il, que la liberté ne se conquiert qu'au prix du courage ? » Il ne prononça pas un mot qui ne fût pesé. Son discours, d'une rigueur implacable, ne souffrait aucune approximation : ni le dilemme moral, ni les occurrences les plus rares de l'histoire ne lui échappaient. Ses adversaires, prolixes mais confus, n'avaient su qu'entasser des lieux communs. Se demandait-il jamais s'il convainquait ? Rien ne trahissait le moindre doute. Il parla une demi-heure, puis une heure et demie encore, sans que l'assemblée songeât à l'interrompre. Quelle éloquence ! Comment ne pas admirer cet homme dont chaque phrase, ciselée, semblait taillée dans le marbre ? On ignorait si sa cause était juste ; on savait seulement qu'aucune parole ne l'égalait. Lorsqu'il se tut, nul n'osa demander quand il reviendrait. Les feuillets ci-joints, qu'un secrétaire recueillit, gardent la trace de cette allocution que nul ne devait oublier.

Astuce : laissez le texte masqué pendant l'écoute, révélez-le seulement pour vous auto-corriger.

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Chaque piège de cette dictée Première, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.

1

quelle conjoncture / on se demandait ce qu'il allait dire

Voici l'interrogation indirecte : la question est enchâssée dans une proposition, sans point d'interrogation ni inversion du sujet. « Nul ne savait quelle conjoncture avait précipité l'orateur », « On se demandait ce qu'il allait dire, et pourquoi une émotion l'agitait », « On ignorait si sa cause était juste », « nul n'osa demander quand il reviendrait ». On écrit l'ordre sujet-verbe (il allait, sa cause était) et l'on remplace « est-ce que » par « si » (« s'il convainquait »). Au passage, « conjoncture » (l'ensemble des circonstances) ne doit pas être confondu avec « conjecture » (une hypothèse) : c'est un paronyme savant classique.

2

Songez-vous vraiment… ? / Se demandait-il jamais… ?

L'interrogation directe, elle, exige l'inversion du sujet et le point d'interrogation : « Songez-vous vraiment que la liberté ne se conquiert qu'au prix du courage ? », « Se demandait-il jamais s'il convainquait ? », « Comment ne pas admirer cet homme… ? ». On observe le trait d'union de l'inversion (Songez-vous, Se demandait-il) et le maintien de la subordonnée indirecte à l'intérieur (« s'il convainquait »), qui, elle, ne porte pas de point d'interrogation. L'exclamative « Quelle éloquence ! » prend un point d'exclamation et « quelle » s'accorde avec le nom féminin.

3

ne se conquiert qu'au prix / n'avaient su qu'entasser / ni… ni… ne lui échappaient

La syntaxe de la négation est riche. La restriction « ne… que » signifie « seulement » : « la liberté ne se conquiert qu'au prix du courage », « ses adversaires n'avaient su qu'entasser des lieux communs ». La négation « ne… pas » complète « Il ne prononça pas un mot qui ne fût pesé », où le second « ne » est explétif et le subjonctif (« fût ») dépend de la relative restrictive. Enfin la coordination « ni… ni » : « ni le dilemme moral, ni les occurrences les plus rares ne lui échappaient » — le verbe se met au pluriel car il a deux sujets coordonnés. On notera que « su » (de savoir) reste invariable, faute de COD antéposé.

4

une demi-heure / une heure et demie / les feuillets ci-joints

Accords adjectivaux particuliers. Placé avant le nom et relié par un trait d'union, « demi » est invariable : « une demi-heure ». Placé après le nom, il s'accorde en genre mais non en nombre : « une heure et demie ». Quant à « ci-joint », il est invariable en tête de phrase ou devant le nom, mais s'accorde lorsqu'il suit le nom comme un adjectif : « Les feuillets ci-joints » prend donc la marque du masculin pluriel. Ce sont des points de détail que le barème du bac ne pardonne pas.

5

dilemme, occurrences, prolixes, allocution

Le lexique savant multiplie les consonnes doubles et les pièges : « dilemme » (deux m, un seul l), « occurrences » (deux c, deux r), « prolixes » (abondant en paroles), « ciselée ». Surtout, « allocution » désigne un discours de circonstance, à ne pas confondre avec « allocation », qui est une somme versée : c'est le paronyme qui referme le texte, « cette allocution que nul ne devait oublier ». La sûreté du vocabulaire, autant que celle de la grammaire, distingue ici la copie de niveau bac.

Les notions travaillées

la négation, l'interrogation et les paronymes savantsInterrogation directe et indirecteSyntaxe de la négationParonymes savantsAccords adjectivaux particuliers

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