Dictée Première : Le manoir abandonné
Au cœur de l'année, ce texte de récit fantastique travaille l'architecture même de la phrase complexe. L'enchâssement des subordonnées y est constant : chaque objet du manoir est présenté par une relative, et l'élève doit choisir le bon pronom relatif composé selon la préposition régie par le verbe. C'est un exercice de syntaxe autant que d'orthographe.
La difficulté redoublée tient à la ponctuation : distinguer la relative déterminative, jamais isolée par une virgule, de la relative explicative, encadrée de virgules. S'y ajoutent le subjonctif imparfait après bien que, pour que et les verbes de volonté, ainsi que le choix du mode dans les complétives. Le corrigé démonte cette mécanique proposition par proposition.
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Le texte de la dictée Première
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée Première, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
devant lequel, derrière lesquelles, auprès de laquelle, dans laquelle
Le texte est un catalogue de pronoms relatifs composés, qui s'accordent en genre et en nombre avec leur antécédent et se combinent avec la préposition régie. « Le manoir devant lequel » (masculin singulier), « les fenêtres derrière lesquelles » (féminin pluriel), « la porte auprès de laquelle » (féminin singulier), « la salle dans laquelle » (féminin singulier), « un portrait devant lequel » (masculin singulier). La logique : on cherche la préposition demandée par le verbe ou le complément (s'arrêter devant, apparaître derrière, pénétrer dans…), puis on accorde lequel/laquelle/lesquels/lesquelles avec le nom repris. On note aussi « auprès de laquelle » et non « auquel », car la préposition est « auprès de ».
La grille, dont les barreaux grinçaient, / une allée que les ronces avaient envahie
Toute la ponctuation des relatives est en jeu. « La grille, dont les barreaux rouillés grinçaient au vent, s'ouvrait » : la relative est explicative (elle ajoute un commentaire, elle pourrait être retirée), on l'encadre donc de deux virgules. Il en va de même pour « Mon oncle, qui connaissait les lieux, » et « Le lierre, qui recouvrait la façade entière, ». À l'inverse, « une allée que les ronces avaient envahie » est une relative déterminative : elle précise de quelle allée on parle, elle est indispensable, donc aucune virgule. Au passage, « envahie » s'accorde avec « que » (= l'allée, féminin singulier), COD antéposé de l'auxiliaire avoir.
assurait que… l'habitaient / ne croyais pas qu'une âme y demeurât
Le choix du mode dans la complétive dépend du sens du verbe introducteur. « Assurer » pose une assertion : la complétive reste à l'indicatif, « des vagabonds l'habitaient encore ». Mais « ne pas croire » introduit le doute et la négation : la complétive passe au subjonctif, « je ne croyais pas qu'une âme y demeurât ». Comme le récit est au passé, ce subjonctif se met à l'imparfait (« demeurât »). Opposer ces deux propositions voisines est un exercice classique de la question de grammaire.
pour que le silence se rompît / souhaitais que nous fissions / voulait que nous entrassions
Les verbes de volonté (souhaiter, vouloir) et la locution de but « pour que » commandent le subjonctif. Dans un récit au passé simple, ce subjonctif est à l'imparfait : « pour que le silence se rompît », « que nous fissions demi-tour » (du verbe faire), « que nous entrassions » (du verbe entrer). Ces formes en -assions / -issions sont propres à la langue littéraire soutenue ; les reconnaître à l'écrit fait partie des attendus du lycée. On ajoutera « Bien qu'il fît grand jour » : la concession « bien que » impose elle aussi le subjonctif (« fît », du verbe faire).
dont les yeux nous suivaient / ces murs que nul n'avait franchis
« Dont » reprend un complément en « de » (les yeux de la femme) : « une femme dont les yeux nous suivaient » ; on ne le redouble jamais par un possessif. Enfin « ces murs que nul n'avait franchis » réunit deux points de vigilance : la négation « nul… ne », qui se passe de « pas », et l'accord du participe « franchis » avec « que » (= les murs, masculin pluriel), COD placé avant l'auxiliaire avoir. La densité de ces subordonnées imbriquées est la vraie difficulté de la dictée.