Dictée Seconde : La dernière audience
Dernière dictée de la Seconde, ce texte solennel rassemble les exigences les plus hautes de l'année. La concordance des temps y règne : après une principale au passé, la subordonnée au subjonctif adopte les temps littéraires, subjonctif imparfait et plus-que-parfait (« je craignais qu'il ne fût trahi », « il eût fallu qu'ils vinssent »). Ces formes rares, encore attendues à l'écrit soutenu, se distinguent à leur accent circonflexe.
S'y ajoutent les homophones verbaux les plus retors (-er / -é / -ai / -ais, « peut être » / « peut-être ») et les accords délicats de « tout » et « même », tantôt adjectifs, tantôt adverbes. Le récit d'une ultime audience royale, empreint de gravité, sert de cadre à cette synthèse. Le corrigé, méthodique, rappelle pour chaque cas la règle et le test de substitution qui met la faute en évidence.
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Le texte de la dictée Seconde
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée Seconde, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
voulait que l'ambassade partît / attendait qu'il parlât / afin que chacun connût
Concordance des temps : la principale au passé (« voulait », « attendait », « déclara ») entraîne le subjonctif imparfait dans la subordonnée : « partît », « parlât », « connût ». À l'écrit soutenu, on n'emploie pas le présent du subjonctif ici. La 3e personne du singulier du subjonctif imparfait porte un accent circonflexe : c'est le repère orthographique décisif.
que ses alliés ne l'eussent trahi / il eût fallu qu'il se méfiât
Subjonctif plus-que-parfait (« eussent trahi ») pour une action antérieure, et subjonctif imparfait après un conditionnel passé (« il eût fallu qu'il se méfiât »). Le « ne » est explétif : il n'est pas négatif après « craindre que » et « redouter ». Ces temps littéraires, encore exigés en dictée, s'écrivent avec circonflexe à la forme « eût », « fût », « se méfiât ».
quelque danger qu'elle courût
Tour concessif « quelque… que » : « quelque » porte ici sur le nom « danger » et reste adverbe invariable au sens de « si… que » (quelque danger = quel que soit le danger). Le verbe « courût » est au subjonctif imparfait (concordance avec « voulait »). Ne pas écrire « quelques ».
Toute la cour / tout étonnés / Les mêmes hommes / eux-mêmes
Accords délicats de « tout » et « même ». « Toute la cour » : « tout » est adjectif, accordé au féminin singulier. « Tout étonnés » : « tout » est adverbe (= entièrement) devant un adjectif masculin commençant par une consonne, donc invariable. « Les mêmes hommes » : « même » adjectif, accord au pluriel. « Eux-mêmes » : « même » suit un pronom, accord et trait d'union, « mêmes » au pluriel.
Peut-être n'était-il pas / sans que sa voix tremblât
« Peut-être » adverbe de doute s'écrit avec un trait d'union et entraîne l'inversion du sujet (« n'était-il »). À distinguer de « peut être » en deux mots (verbe pouvoir + être : « il peut être en retard »). « Sans que » impose le subjonctif : au passé, subjonctif imparfait « tremblât ».
Je vous ai fait venir / afin que chacun connût
« Fait » suivi d'un infinitif reste invariable : « je vous ai fait venir », jamais « faits ». Homophone verbal à surveiller : on entend [fε] mais on écrit « fait ». Dans la même phrase, « connût » est subjonctif imparfait (concordance avec « ai fait venir » interprété comme récit passé) : substitution « il fallait qu'il connût ».
Quoi qu'il advînt / un roi ne se dédit point
« Quoi que » en deux mots (= quelle que soit la chose qui) commande le subjonctif : « advînt », subjonctif imparfait du verbe advenir, avec circonflexe. « Se dédit » est ici présent de l'indicatif à valeur de vérité générale (« un roi ne se dédit point »), 3e personne, sans circonflexe : à ne pas confondre avec un passé simple.