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Dictée Secondela concordance des temps avec le subjonctif

Dictée Seconde : La dernière audience

Dernière dictée de la Seconde, ce texte solennel rassemble les exigences les plus hautes de l'année. La concordance des temps y règne : après une principale au passé, la subordonnée au subjonctif adopte les temps littéraires, subjonctif imparfait et plus-que-parfait (« je craignais qu'il ne fût trahi », « il eût fallu qu'ils vinssent »). Ces formes rares, encore attendues à l'écrit soutenu, se distinguent à leur accent circonflexe.

S'y ajoutent les homophones verbaux les plus retors (-er / -é / -ai / -ais, « peut être » / « peut-être ») et les accords délicats de « tout » et « même », tantôt adjectifs, tantôt adverbes. Le récit d'une ultime audience royale, empreint de gravité, sert de cadre à cette synthèse. Le corrigé, méthodique, rappelle pour chaque cas la règle et le test de substitution qui met la faute en évidence.

168 mots≈ 9 minDifficulté : Expert
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Le texte de la dictée Seconde

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Le vieux roi voulait que l'ambassade partît avant l'aube, quelque danger qu'elle courût. Il craignait, depuis des mois, que ses alliés ne l'eussent trahi et que la paix ne fût qu'un leurre. « Qu'ils viennent, disait-il, et qu'ils s'expliquent ! » Il eût fallu, jadis, qu'il se méfiât davantage ; mais il avait trop cru en la parole des hommes. Toute la cour, muette, attendait qu'il parlât. Les conseillers eux-mêmes, tout étonnés de son calme, n'osaient l'interrompre. Peut-être n'était-il pas encore trop tard, songeait-il, pour éviter la guerre. Il aurait voulu leur parler sans que sa voix tremblât ; il redoutait de trahir son émotion. « Je vous ai fait venir, déclara-t-il enfin, afin que chacun connût ma volonté. » Les mêmes hommes qui l'avaient flatté baissaient à présent les yeux. Quoi qu'il advînt, il resterait fidèle à sa promesse ; il l'avait juré, et un roi ne se dédit point. Les portes se refermèrent ; tous, gagnés par le silence, comprirent que cette audience serait la dernière.

Astuce : laissez le texte masqué pendant l'écoute, révélez-le seulement pour vous auto-corriger.

Corrigé commenté

Chaque piège de cette dictée Seconde, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.

1

voulait que l'ambassade partît / attendait qu'il parlât / afin que chacun connût

Concordance des temps : la principale au passé (« voulait », « attendait », « déclara ») entraîne le subjonctif imparfait dans la subordonnée : « partît », « parlât », « connût ». À l'écrit soutenu, on n'emploie pas le présent du subjonctif ici. La 3e personne du singulier du subjonctif imparfait porte un accent circonflexe : c'est le repère orthographique décisif.

2

que ses alliés ne l'eussent trahi / il eût fallu qu'il se méfiât

Subjonctif plus-que-parfait (« eussent trahi ») pour une action antérieure, et subjonctif imparfait après un conditionnel passé (« il eût fallu qu'il se méfiât »). Le « ne » est explétif : il n'est pas négatif après « craindre que » et « redouter ». Ces temps littéraires, encore exigés en dictée, s'écrivent avec circonflexe à la forme « eût », « fût », « se méfiât ».

3

quelque danger qu'elle courût

Tour concessif « quelque… que » : « quelque » porte ici sur le nom « danger » et reste adverbe invariable au sens de « si… que » (quelque danger = quel que soit le danger). Le verbe « courût » est au subjonctif imparfait (concordance avec « voulait »). Ne pas écrire « quelques ».

4

Toute la cour / tout étonnés / Les mêmes hommes / eux-mêmes

Accords délicats de « tout » et « même ». « Toute la cour » : « tout » est adjectif, accordé au féminin singulier. « Tout étonnés » : « tout » est adverbe (= entièrement) devant un adjectif masculin commençant par une consonne, donc invariable. « Les mêmes hommes » : « même » adjectif, accord au pluriel. « Eux-mêmes » : « même » suit un pronom, accord et trait d'union, « mêmes » au pluriel.

5

Peut-être n'était-il pas / sans que sa voix tremblât

« Peut-être » adverbe de doute s'écrit avec un trait d'union et entraîne l'inversion du sujet (« n'était-il »). À distinguer de « peut être » en deux mots (verbe pouvoir + être : « il peut être en retard »). « Sans que » impose le subjonctif : au passé, subjonctif imparfait « tremblât ».

6

Je vous ai fait venir / afin que chacun connût

« Fait » suivi d'un infinitif reste invariable : « je vous ai fait venir », jamais « faits ». Homophone verbal à surveiller : on entend [fε] mais on écrit « fait ». Dans la même phrase, « connût » est subjonctif imparfait (concordance avec « ai fait venir » interprété comme récit passé) : substitution « il fallait qu'il connût ».

7

Quoi qu'il advînt / un roi ne se dédit point

« Quoi que » en deux mots (= quelle que soit la chose qui) commande le subjonctif : « advînt », subjonctif imparfait du verbe advenir, avec circonflexe. « Se dédit » est ici présent de l'indicatif à valeur de vérité générale (« un roi ne se dédit point »), 3e personne, sans circonflexe : à ne pas confondre avec un passé simple.

Les notions travaillées

la concordance des temps avec le subjonctifConcordance au subjonctif imparfait et plus-que-parfaitHomophones verbaux (fait, peut-être)Accords de tout et mêmequelque / quoi que concessifs

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