Dictée Terminale : Le serment du vieux roi
Avec cette dictée, on entre dans la période littéraire au sens plein : un récit au passé où la concordance des temps commande des formes verbales que la langue courante a désertées. Le subjonctif imparfait (qu'il régnât, qu'ils prissent) et le plus-que-parfait du subjonctif (qu'il eût combattu) y sont non pas ornementaux mais grammaticalement obligatoires.
Le vrai danger tient à l'homophonie : « qu'il fût » (subjonctif) contre « il fut » (passé simple), « qu'il eût » contre « il eut ». Un accent circonflexe oublié, et le mode s'effondre. Le corrigé conjugue les formes rencontrées, explique la règle de concordance qui les appelle et démêle, une bonne fois, le conditionnel passé deuxième forme — « il eût voulu » = « il aurait voulu » — de son sosie subjonctif.
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée Terminale, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
qu'il régnât, qu'il fût aimé, qu'ils se soumissent, qu'il la contraignît
Quand la principale est au passé (« le roi voulait »), la subordonnée au subjonctif se met, dans la langue littéraire, au subjonctif imparfait pour marquer la simultanéité ou la postériorité. D'où « qu'il régnât » (régner), « qu'il fût aimé » (être), « que le royaume demeurât », « que les seigneurs se soumissent » (se soumettre) et « sans qu'une guerre les contraignît » (contraindre). Ces formes en -ât, -ît, -ssent sont exigées par la concordance : au présent, on dirait « qu'il règne, qu'ils se soumettent ».
qu'il eût combattu, qu'il promît, qu'ils ne fissent, qu'il n'en pâtît
Le plus-que-parfait du subjonctif (« Bien qu'il eût combattu ») exprime l'antériorité par rapport au passé. Les autres subordonnées restent au subjonctif imparfait : « qu'ils prissent la plume » (prendre), « qu'on lui promît la paix » (promettre), « avant qu'il ne mourût » (mourir), « qu'ils ne fissent la guerre » (faire), « que le peuple n'en pâtît » (pâtir). Le « ne » explétif, après craindre et avant que, n'est pas une négation : il accompagne le subjonctif sans en changer le sens.
il eût souhaité, on eût dit, il eût fallu, on eût cru : le conditionnel passé 2e forme
Ces formes ont l'apparence du plus-que-parfait du subjonctif mais fonctionnent comme un conditionnel passé : « Il eût souhaité » = « il aurait souhaité » ; « on eût dit » = « on aurait dit » ; « il eût fallu » = « il aurait fallu ». C'est le conditionnel passé deuxième forme, propre à la langue soignée. On le retrouve dans l'irréel du passé après un « si » littéraire : « Si son père eût vécu, tout eût été différent » (= s'il avait vécu, tout aurait été différent).
il fut un temps / qu'il fût — il voulut / qu'il eût
Le piège majeur est homophonique. « Il fut un temps » et « le roi voulut », « Chacun jura », « le silence valut » sont des passés simples de l'indicatif : ils narrent des faits, sans accent circonflexe. « Qu'il fût aimé », « qu'il eût combattu », « comme s'il eût trouvé » sont des subjonctifs : le circonflexe est la seule marque qui les distingue. Règle de survie : pas de subordination qui appelle le subjonctif ? Alors passé simple, sans accent. Une subordonnée après vouloir, bien que, avant que, comme si ? Alors subjonctif, avec accent.