- Première
- 212 mots · ≈ 10 min
- Expert
- la synthèse des faits de langue du bac
Dictée Première sur la synthèse des faits de langue du bac : L'aube sur la grève
Cette promenade au bord de la mer réunit plusieurs difficultés déjà rencontrées dans le parcours : participe passé avec COD antéposé, subjonctif littéraire, concession et conditionnel passé. Le corrigé relie chaque forme à sa construction, de « la grève que la marée avait abandonnée » à « il aurait fallu que je fusse ».
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Le texte de la dictée Première
Masqué pendant la dictéeQuand l'aube parut sur la grève que la marée avait abandonnée1, il sembla que le monde retînt2 son souffle. Les barques que les pêcheurs avaient tirées au sec dormaient encore, couchées sur le flanc. Quelles que fussent les tempêtes3 de la nuit, la mer, apaisée, ne gardait plus qu'un frémissement5. Je marchais, songeant à tout ce que ces rivages avaient vu : les départs, les naufrages, les promesses que nul n'avait tenues. Bien qu'il fît froid, je m'assis sur un rocher que les embruns avaient poli. Une mouette, dont le cri déchira le silence, tournoya longtemps avant qu'elle ne se posât. Je me demandais si quelqu'un, jadis, s'était assis là, et ce qu'il avait pu ressentir. Les vers d'un poète que j'avais lus me revinrent : « La mer, la mer, toujours recommencée ! » Que de générations, me disais-je, avaient contemplé ce même horizon sans qu'aucune n'en épuisât le mystère ! Il aurait fallu que je fusse plus savant pour nommer ce que j'éprouvais. La plupart des hommes passent, dit-on, sans avoir su regarder ; j'aurais voulu, ce matin-là, que le temps lui-même s'arrêtât. Puis le soleil, s'étant dégagé des brumes qu'il avait longtemps combattues, embrasa la grève entière, et je compris que rien, jamais, ne se recommence tout à fait.
Les passages surlignés renvoient au corrigé commenté.
À propos de cette dictée
Cette promenade au bord de la mer réunit plusieurs difficultés déjà rencontrées dans le parcours : participe passé avec COD antéposé, subjonctif littéraire, concession et conditionnel passé.
Le corrigé relie chaque forme à sa construction, de « la grève que la marée avait abandonnée » à « il aurait fallu que je fusse ». Il examine aussi « la plupart des hommes passent » et le ne explétif, en signalant la tournure discutable employée après « sans que » dans le texte de référence.
Fiche
- Longueur
- 212 mots, 12 phrases
- Durée
- ≈ 10 min
- Difficulté
- Expert
- Notion
- la synthèse des faits de langue du bac
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la grève que la marée avait abandonnée / les barques que les pêcheurs avaient tirées
La dictée-synthèse rouvre d'emblée le grand chantier de l'année : l'accord du participe passé avec avoir et COD antéposé. « la grève que la marée avait abandonnée » (que = la grève, féminin singulier), « les barques que les pêcheurs avaient tirées » (féminin pluriel), « les promesses que nul n'avait tenues » (féminin pluriel), « les vers d'un poète que j'avais lus » (masculin pluriel), « les brumes qu'il avait longtemps combattues » (féminin pluriel).
La dictée-synthèse rouvre d'emblée le grand chantier de l'année : l'accord du participe passé avec avoir et COD antéposé. « la grève que la marée avait abandonnée » (que = la grève, féminin singulier), « les barques que les pêcheurs avaient tirées » (féminin pluriel), « les promesses que nul n'avait tenues » (féminin pluriel), « les vers d'un poète que j'avais lus » (masculin pluriel), « les brumes qu'il avait longtemps combattues » (féminin pluriel). Un contre-exemple précieux : « un rocher que les embruns avaient poli » — « poli » ne prend aucune marque, car « que » reprend « un rocher », masculin singulier. C'est la preuve que l'accord se raisonne, et ne se copie pas mécaniquement.
il sembla que le monde retînt / bien qu'il fît froid / avant qu'elle ne se posât
Le récit emploie des subjonctifs imparfaits : retînt après « il sembla que », fît après bien que, posât après avant que. Le ne de « avant qu’elle ne se posât » est explétif et facultatif.
Le récit emploie des subjonctifs imparfaits : retînt après « il sembla que », fît après bien que, posât après avant que. Le ne de « avant qu’elle ne se posât » est explétif et facultatif. En revanche, le texte donne « sans qu’aucune n’en épuisât le mystère » après une principale affirmative. L’usage soigné évite ce ne après sans que : on attendrait « sans qu’aucune en épuisât le mystère ». Cette tournure du texte de référence ne doit pas devenir un modèle. Les subjonctifs littéraires sont un choix de registre, pas une exigence générale du bac.
Quelles que fussent les tempêtes
La locution concessive « quel que » suivie du subjonctif de être s'accorde avec le sujet placé après : « les tempêtes » étant féminin pluriel, on écrit « Quelles que fussent ». À ne pas confondre avec « quoique » (bien que) ni avec « quoi que » (quelle que soit la chose que).
La locution concessive « quel que » suivie du subjonctif de être s'accorde avec le sujet placé après : « les tempêtes » étant féminin pluriel, on écrit « Quelles que fussent ». À ne pas confondre avec « quoique » (bien que) ni avec « quoi que » (quelle que soit la chose que). Le sujet placé après le verbe permet de vérifier le genre et le nombre.
j'aurais voulu que le temps s'arrêtât / il aurait fallu que je fusse
Après « il aurait fallu » et « j’aurais voulu », le récit choisit les subjonctifs imparfaits littéraires « fusse » et « s’arrêtât ». Les formes contemporaines « sois » et « s’arrête » sont également possibles dans de telles constructions.
Après « il aurait fallu » et « j’aurais voulu », le récit choisit les subjonctifs imparfaits littéraires « fusse » et « s’arrêtât ». Les formes contemporaines « sois » et « s’arrête » sont également possibles dans de telles constructions. Dans l’interrogation indirecte « ce qu’il avait pu ressentir », pu reste invariable : que est COD de ressentir, tandis que pouvoir porte sur l’infinitif. Su reste aussi invariable dans « sans avoir su regarder ». L’analyse de la construction explique ces formes plus sûrement qu’un accord avec le nom le plus proche.
Voir l’autre point
ne gardait plus qu'un frémissement / La plupart des hommes passent
Deux points pour finir. La négation combinée à la restriction, « ne gardait plus qu'un frémissement » (ne… plus que = seulement désormais), montre la souplesse des tours négatifs littéraires ; on la relie à « rien, jamais, ne se recommence tout à fait », négation sans « pas ».
Deux points pour finir. La négation combinée à la restriction, « ne gardait plus qu'un frémissement » (ne… plus que = seulement désormais), montre la souplesse des tours négatifs littéraires ; on la relie à « rien, jamais, ne se recommence tout à fait », négation sans « pas ». Enfin l'accord du verbe avec le collectif : « La plupart des hommes passent » se met au pluriel, car on envisage la pluralité des individus. Tenir simultanément l'accord, le mode, la concordance et la ponctuation sur un texte de cette longueur : voilà l'aboutissement du parcours de Première.
Pour le parent
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Commencer la dictéeles branches se penche devient les branches se penchent
Le sujet « les branches » est au pluriel : le verbe prend -ent. Test : « elles se penchent ».
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