- Première
- 175 mots · ≈ 8 min
- Expert
- la concordance des temps et le subjonctif
Dictée Première sur la concordance des temps et le subjonctif : La promesse du voyageur
Un voyageur promet de revenir, puis laisse les siens dans l’attente. Le texte associe le futur dans le passé (« reviendrait »), l’hypothèse non réalisée (« s’il était resté ») et les subjonctifs du récit littéraire (« partît », « eût mesuré »).
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Le texte de la dictée Première
Masqué pendant la dictéeAvant qu'il ne partît2, le voyageur avait juré qu'il reviendrait1. Il affirmait que rien, pas même la mer, ne l'empêcherait de tenir parole. Nous doutions pourtant qu'il eût mesuré la distance qui nous séparait des îles. « Quoi que vous en pensiez, disait-il, je serai là avant que l'hiver n'ait blanchi les toits. » Ma sœur souhaitait qu'il restât ; moi, je craignais qu'il ne se perdît. Chaque soir, ma mère guettait l'horizon, comme si le vent avait pu lui rendre celui qu'elle attendait. Il aurait fallu qu'il nous écoutât, mais l'homme était de ceux que rien ne retient. S'il était resté4, peut-être aurions-nous vécu plus heureux ; il préféra pourtant l'horizon à nos prières. Les années passèrent sans qu'aucune lettre nous parvînt. Nous aurions aimé qu'il nous eût écrit3, ne fût-ce qu'une ligne. Puis, un matin, plus tôt que l'aube5 ne l'annonçait, une silhouette parut sur le chemin. C'était lui, quoiqu'il eût tant changé que nous hésitâmes à le reconnaître. Il avait tenu la promesse qu'il nous avait faite, et cela seul importait désormais.
Les passages surlignés renvoient au corrigé commenté.
À propos de cette dictée
Un voyageur promet de revenir, puis laisse les siens dans l’attente. Le texte associe le futur dans le passé (« reviendrait »), l’hypothèse non réalisée (« s’il était resté ») et les subjonctifs du récit littéraire (« partît », « eût mesuré »).
Le corrigé distingue les valeurs de ces temps et le ne explétif après « avant que » ou « craindre ». Il revient enfin sur « plus tôt » et « plutôt », puis sur « quoique » et « quoi que ».
Fiche
- Longueur
- 175 mots, 13 phrases
- Durée
- ≈ 8 min
- Difficulté
- Expert
- Notion
- la concordance des temps et le subjonctif
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avait juré qu'il reviendrait
Après « avait juré », le conditionnel présent « reviendrait » exprime un événement futur vu depuis un moment passé : c’est le futur dans le passé. Le texte emploie de même « rien… ne l’empêcherait ».
Après « avait juré », le conditionnel présent « reviendrait » exprime un événement futur vu depuis un moment passé : c’est le futur dans le passé. Le texte emploie de même « rien… ne l’empêcherait ». Au discours direct, la promesse serait « Je reviendrai ». Les terminaisons -rait et -ra distinguent ici le conditionnel du futur ; à la première personne, on écrirait « je reviendrais » et « je reviendrai ». Il faut déterminer le point de vue temporel de la phrase avant de choisir.
Avant qu'il ne partît / craignais qu'il ne se perdît
Avant que et sans que introduisent ici le subjonctif, comme craindre que. Le récit choisit les formes littéraires « partît », « se perdît » et « parvînt ».
Avant que et sans que introduisent ici le subjonctif, comme craindre que. Le récit choisit les formes littéraires « partît », « se perdît » et « parvînt ». Le ne de « avant qu’il ne partît », « avant que l’hiver n’ait blanchi » et « je craignais qu’il ne se perdît » est explétif et facultatif : il n’exprime pas une négation. Ajouter pas changerait le sens, en niant l’action redoutée. Dans « sans qu’aucune lettre nous parvînt », le texte n’ajoute pas de ne : sans que porte déjà le sens négatif.
doutions qu'il eût mesuré / aurions aimé qu'il nous eût écrit
Douter introduit ici une complétive au subjonctif. Le texte choisit le plus-que-parfait du subjonctif pour une action antérieure : « qu’il eût mesuré », puis « qu’il nous eût écrit » après « nous aurions aimé ».
Douter introduit ici une complétive au subjonctif. Le texte choisit le plus-que-parfait du subjonctif pour une action antérieure : « qu’il eût mesuré », puis « qu’il nous eût écrit » après « nous aurions aimé ». Dans le français contemporain, le subjonctif passé est également possible après un verbe au passé : « qu’il ait mesuré », « qu’il nous ait écrit ». La formule « ne fût-ce qu’une ligne » signifie « même seulement une ligne » : fût, subjonctif imparfait de être, porte un circonflexe et un trait d’union le relie à ce.
S'il était resté, aurions-nous vécu
C'est l'irréel du passé : l'hypothèse non réalisée s'exprime par « si » + plus-que-parfait de l'indicatif dans la subordonnée, et par le conditionnel passé dans la principale. « S'il était resté, peut-être aurions-nous vécu plus heureux » : le voyageur n'est pas resté, la conséquence est donc purement imaginaire.
C'est l'irréel du passé : l'hypothèse non réalisée s'exprime par « si » + plus-que-parfait de l'indicatif dans la subordonnée, et par le conditionnel passé dans la principale. « S'il était resté, peut-être aurions-nous vécu plus heureux » : le voyageur n'est pas resté, la conséquence est donc purement imaginaire. Erreur classique à bannir : jamais de conditionnel après « si » d'hypothèse. On écrit « s'il était resté », non « s'il serait resté ».
Voir l’autre point
plus tôt que l'aube / quoiqu'il eût changé
Deux distinctions orthographiques terminent le texte. « Plus tôt » (en deux mots, contraire de « plus tard ») marque le temps : la silhouette paraît « plus tôt que l'aube ne l'annonçait » ; on ne le confond pas avec « plutôt », adverbe de préférence.
Deux distinctions orthographiques terminent le texte. « Plus tôt » (en deux mots, contraire de « plus tard ») marque le temps : la silhouette paraît « plus tôt que l'aube ne l'annonçait » ; on ne le confond pas avec « plutôt », adverbe de préférence. Enfin « quoiqu'il eût tant changé » : « quoique » en un mot signifie « bien que » et commande le subjonctif (« eût changé »), tandis que « quoi que » en deux mots signifie « quelle que soit la chose que » — c'est précisément la forme employée plus haut dans « Quoi que vous en pensiez ». Le remplacement par « bien que » ou par « quelle que soit la chose que » aide à vérifier le sens.
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Commencer la dictées'il serait resté devient s'il était resté
On écrit « s'il était resté », non « s'il serait resté ».
Les notions travaillées
- la concordance des temps et le subjonctif
- Concordance des temps
- Subjonctif imparfait et plus-que-parfait
- Conditionnel et irréel du passé
- Homophones : quoique / quoi que
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