- Première
- 180 mots · ≈ 7 min
- Expert
- l'accord du participe passé dans tous les cas
Dictée Première sur l'accord du participe passé dans tous les cas : La lettre retrouvée
Une lettre retrouvée révèle une autre image d’une grand-mère. La dictée fait surtout travailler le participe passé avec un COD placé avant : « jaunie », « tracés », « pliés » et « montrés ».
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Le texte de la dictée Première
Masqué pendant la dictéeDans le grenier que ma grand-mère avait condamné depuis des années, j'ai retrouvé une lettre que le temps avait jaunie1. Les mots qu'elle y avait tracés d'une main tremblante racontaient une jeunesse que je ne lui avais jamais connue. Elle s'était promis2 de ne jamais la montrer ; pourtant, les feuillets qu'elle avait pliés avec soin semblaient m'attendre. Longtemps, je n'avais osé franchir le seuil de cette pièce que la poussière avait ensevelie. Quelles que fussent mes hésitations4, je les ai lus. Une femme dont j'ignorais tout6 se dessinait, plus libre et plus ardente que celle que j'avais côtoyée. Les promesses qu'elle avait faites, les rêves qu'elle s'était forgés, tout cela affleurait entre les lignes. Je découvrais une aïeule que le silence avait effacée, et que ces pages me rendaient enfin. Ma mère, à qui je les ai montrés3, s'est tue longtemps. « Ce sont les seuls mots qu'elle nous ait laissés5 », murmura-t-elle. Les larmes que nous avons versées ce soir-là n'étaient pas des larmes de tristesse : c'étaient celles que l'on garde pour les êtres qu'on croyait connaître.
Les passages surlignés renvoient au corrigé commenté.
À propos de cette dictée
Une lettre retrouvée révèle une autre image d’une grand-mère. La dictée fait surtout travailler le participe passé avec un COD placé avant : « jaunie », « tracés », « pliés » et « montrés ».
Le corrigé oppose ces accords à « elle s’était promis », explique « s’est tue » et analyse les tours « quelles que fussent » et « les seuls mots qu’elle nous ait laissés ». Il s’agit d’un entraînement à la lecture grammaticale, sans barème d’examen associé.
Fiche
- Longueur
- 180 mots, 11 phrases
- Durée
- ≈ 7 min
- Difficulté
- Expert
- Notion
- l'accord du participe passé dans tous les cas
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Corrigé commenté · 6 points
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une lettre que le temps avait jaunie
Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct lorsque celui-ci est placé avant le verbe. Ici, le pronom relatif « que » reprend « une lettre », féminin singulier, et occupe la fonction de COD de « avait jauni » : on écrit donc « jaunie ».
Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct lorsque celui-ci est placé avant le verbe. Ici, le pronom relatif « que » reprend « une lettre », féminin singulier, et occupe la fonction de COD de « avait jauni » : on écrit donc « jaunie ». La manipulation est simple : on pose la question « avait jauni quoi ? » ; la réponse « la lettre », antéposée, commande l'accord. On applique exactement le même raisonnement à « les mots qu'elle y avait tracés » (masculin pluriel), à « les feuillets qu'elle avait pliés », à « une pièce que la poussière avait ensevelie », à « une jeunesse que je ne lui avais jamais connue » et à « les larmes que nous avons versées ». À chaque fois, le « que » est le COD antéposé et fixe le genre et le nombre.
Elle s'était promis / les rêves qu'elle s'était forgés
Dans « elle s’était promis de ne jamais la montrer », se est COI : elle avait promis à elle-même de ne pas montrer la lettre. Le complément qui exprime ce qui est promis suit le participe, donc « promis » ne reçoit pas de marque féminine.
Dans « elle s’était promis de ne jamais la montrer », se est COI : elle avait promis à elle-même de ne pas montrer la lettre. Le complément qui exprime ce qui est promis suit le participe, donc « promis » ne reçoit pas de marque féminine. Dans « les rêves qu’elle s’était forgés », que reprend le COD masculin pluriel placé avant, d’où « forgés » ; se est complément indirect. Enfin, dans « Ma mère s’est tue », se taire signifie garder le silence : le pronom n’est pas analysé comme un COD autonome et le participe s’accorde avec le sujet, d’où « tue ».
à qui je les ai montrés
Ici le COD n'est plus « qui » (qui est complément d'objet indirect, introduit par « à ») mais le pronom « les », placé avant le verbe et reprenant « les feuillets » ou « les mots », masculin pluriel. C'est lui qui déclenche l'accord : « montrés ».
Ici le COD n'est plus « qui » (qui est complément d'objet indirect, introduit par « à ») mais le pronom « les », placé avant le verbe et reprenant « les feuillets » ou « les mots », masculin pluriel. C'est lui qui déclenche l'accord : « montrés ». Le relatif « à qui » désigne, lui, la personne à qui l'on montre (ma mère) et n'entre pas dans l'accord. Distinguer le COD antéposé du COI est le réflexe décisif de tout l'exercice.
Quelles que fussent mes hésitations
Dans le tour concessif « quelles que fussent mes hésitations », quelles s’écrit séparément de que et s’accorde avec le sujet « mes hésitations », féminin pluriel. Fussent est le subjonctif imparfait de être, choisi dans ce passage littéraire.
Dans le tour concessif « quelles que fussent mes hésitations », quelles s’écrit séparément de que et s’accorde avec le sujet « mes hésitations », féminin pluriel. Fussent est le subjonctif imparfait de être, choisi dans ce passage littéraire. Le tour contemporain « quelles que soient mes hésitations » suit la même règle d’accord. Il ne faut pas confondre cette construction avec l’exclamation « Quelles hésitations ! », où quelles est employé seul devant le nom.
Voir les 2 autres points
les seuls mots qu'elle nous ait laissés
Après « les seuls » ou un superlatif, le subjonctif est fréquent dans une relative pour exprimer une restriction ou une appréciation ; l’indicatif reste possible dans d’autres contextes. Ici, « qu’elle nous ait laissés » est au subjonctif passé.
Après « les seuls » ou un superlatif, le subjonctif est fréquent dans une relative pour exprimer une restriction ou une appréciation ; l’indicatif reste possible dans d’autres contextes. Ici, « qu’elle nous ait laissés » est au subjonctif passé. La forme laissés s’accorde avec le COD antéposé que, reprenant « les mots », masculin pluriel. Deux analyses sont nécessaires : le choix du mode de la relative et l’accord du participe avec son COD.
dont j'ignorais tout / celle que j'avais côtoyée
Dans « une femme dont j’ignorais tout », dont reprend le complément en de : j’ignorais tout de cette femme. On n’ajoute pas un second pronom qui reprendrait ce même complément.
Dans « une femme dont j’ignorais tout », dont reprend le complément en de : j’ignorais tout de cette femme. On n’ajoute pas un second pronom qui reprendrait ce même complément. Dans « celle que j’avais côtoyée », que reprend celle, féminin singulier, et constitue le COD placé avant le participe employé avec avoir : « côtoyée ». Ce sont deux fonctions différentes du relatif, à identifier avant de raisonner sur l’accord.
Pour le parent
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Commencer la dictéeles branches se penche devient les branches se penchent
Le sujet « les branches » est au pluriel : le verbe prend -ent. Test : « elles se penchent ».
Les notions travaillées
- l'accord du participe passé dans tous les cas
- Participe passé avec avoir
- Participe passé des pronominaux
- Quel que + subjonctif
- Subjonctif de la relative
Pour aller plus loin en Première
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