- Terminale
- 204 mots · ≈ 9 min
- Expert
- l'accord du participe passé dans ses cas rares
Dictée Terminale sur l'accord du participe passé dans ses cas rares : La lettre jamais envoyée
Une femme relit une lettre qu’elle renonce à envoyer. Le texte fait travailler plusieurs constructions délicates : participe passé suivi d’un infinitif, participe d’un verbe impersonnel et emplois de « ci-joint », « étant donné », « vu » et « excepté ».
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Le texte de la dictée Terminale
Masqué pendant la dictéeÉtant donné les circonstances, elle avait renoncé à partir. La lettre qu'elle avait laissé écrire1 par un scribe, faute de savoir tracer les lettres, dormait encore dans le tiroir. Les mots qu'elle avait entendu murmurer dans son enfance lui revenaient, mais les phrases qu'elle avait voulu composer, elle ne les avait jamais osé relire. Ci-joint la copie que le notaire réclamait ; les pièces ci-jointes prouvaient qu'elle disait vrai. Vu les délais, il eût été sage d'agir plus tôt. Combien de patience il avait fallu4 ! Combien d'heures il avait plu sur la ville avant qu'elle se décidât ! Toute honteuse, toute pâle, elle relut ces feuillets. Ils étaient tout froissés. La vérité, tout entière5, tenait en trois lignes. Le papier, jauni par les ans, gardait encore l'odeur de l'encre et la trace des mots qu'elle avait tracés à la hâte. Ses sœurs, elle les avait vues grandir, puis vieillir ; les chagrins qu'elle leur avait vu3 endurer l'avaient marquée. Excepté deux ou trois amies, personne ne savait. Les années qu'il avait fait si froid, elle s'était tue. Elle cacheta l'enveloppe, tout émue, et comprit que certaines lettres, on ne les envoie jamais.
Les passages surlignés renvoient au corrigé commenté.
À propos de cette dictée
Une femme relit une lettre qu’elle renonce à envoyer. Le texte fait travailler plusieurs constructions délicates : participe passé suivi d’un infinitif, participe d’un verbe impersonnel et emplois de « ci-joint », « étant donné », « vu » et « excepté ».
Le corrigé explique chaque accord dans son contexte. Il oppose notamment « vues grandir » à « vu endurer », puis « toute honteuse » et « toute pâle » à « tout émue » et « tout entière ».
Fiche
- Longueur
- 204 mots, 15 phrases
- Durée
- ≈ 9 min
- Difficulté
- Expert
- Notion
- l'accord du participe passé dans ses cas rares
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Corrigé commenté · 5 points
Chaque piège de cette dictée Terminale, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
qu'elle avait laissé écrire / entendu murmurer / voulu composer / osé relire
Quatre participes suivis d'un infinitif, tous invariables ici — et pour des raisons instructives. Avec « laissé » suivi d'un infinitif, l'orthographe rectifiée recommande désormais l'invariabilité constante : « la lettre qu'elle avait laissé écrire ».
Quatre participes suivis d'un infinitif, tous invariables ici — et pour des raisons instructives. Avec « laissé » suivi d'un infinitif, l'orthographe rectifiée recommande désormais l'invariabilité constante : « la lettre qu'elle avait laissé écrire ». Avec « entendu » et « vu », l'accord se ferait seulement si le COD antéposé faisait l'action de l'infinitif ; or « les mots » sont murmurés, ils ne murmurent pas : invariable. « Voulu » et « osé » sont toujours invariables devant un infinitif, car le vrai COD est la proposition infinitive tout entière (composer, relire), non le que qui précède.
les sœurs qu'elle avait vues grandir vs les chagrins qu'elle avait vu endurer
Le contraste est ici le cœur de la règle. « Ses sœurs, elle les avait vues grandir » : le COD « les » (= les sœurs) fait bien l'action de grandir, donc « vues » s'accorde.
Le contraste est ici le cœur de la règle. « Ses sœurs, elle les avait vues grandir » : le COD « les » (= les sœurs) fait bien l'action de grandir, donc « vues » s'accorde. « Les chagrins qu'elle leur avait vu endurer » : le COD « que » (= les chagrins) ne fait pas l'action ; ce sont les sœurs qui endurent, les chagrins sont endurés. Le participe reste donc invariable : « vu ». Une seule question à se poser : le mot placé avant fait-il l'action de l'infinitif ?
ci-joint, étant donné, vu, excepté
Vu et excepté sont employés ici devant le groupe nominal comme des prépositions : ils restent invariables. « Étant donné les circonstances » est également correct sans accord ; l’accord « étant données les circonstances » est admis.
Vu et excepté sont employés ici devant le groupe nominal comme des prépositions : ils restent invariables. « Étant donné les circonstances » est également correct sans accord ; l’accord « étant données les circonstances » est admis. « Ci-joint la copie » est invariable en tête de phrase, tandis que « les pièces ci-jointes » s’accorde comme un adjectif après le nom. Devant un nom avec déterminant dans la phrase, ci-joint peut connaître les deux analyses. La position est un repère utile, mais ne suffit pas à imposer une règle sans exception à toutes ces expressions.
il avait fallu, il avait plu, il avait fait froid
Les participes passés des verbes employés impersonnellement restent invariables : fallu, plu et fait dans « il avait fallu », « il avait plu » et « il avait fait froid ». Le sujet grammatical il n’a pas de référent.
Les participes passés des verbes employés impersonnellement restent invariables : fallu, plu et fait dans « il avait fallu », « il avait plu » et « il avait fait froid ». Le sujet grammatical il n’a pas de référent. Les groupes de durée ou de quantité placés avant ne commandent pas ici l’accord du participe. C’est bien le participe qui reste invariable : les verbes impersonnels sont, eux, conjugués à la troisième personne du singulier. On évite donc la formule imprécise « les verbes ne s’accordent jamais ».
Voir l’autre point
toute honteuse, toute pâle mais tout émue, tout entière, tout froissés
« Tout » adverbe (= entièrement) est en principe invariable ; il varie exceptionnellement devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré, pour l'euphonie. D'où « toute honteuse » (h aspiré de honte) et « toute pâle ».
« Tout » adverbe (= entièrement) est en principe invariable ; il varie exceptionnellement devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré, pour l'euphonie. D'où « toute honteuse » (h aspiré de honte) et « toute pâle ». Mais devant une voyelle ou un h muet, il reste figé : « tout émue », « tout entière ». Au masculin, jamais d'accord : « Ils étaient tout froissés ». Enfin « elle s'était tue » (se taire) est un pronominal qui s'accorde avec le sujet féminin.
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Commencer la dictéeles branches se penche devient les branches se penchent
Le sujet « les branches » est au pluriel : le verbe prend -ent. Test : « elles se penchent ».
Les notions travaillées
- l'accord du participe passé dans ses cas rares
- Participe passé suivi d'un infinitif
- Participe passé des verbes impersonnels
- « ci-joint », « étant donné », « excepté »
- « tout » adverbe
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