Ma grand-mère était une petite femme vive, aux yeux noirs et rieurs. C'est elle qui, chaque été, nous accueillait dans sa maison de campagne. Elle s'était levée avant tout le monde pour préparer le pain et le café. Ses mains, ridées par le travail, ne tremblaient jamais. Sur son tablier fleuri, elle essuyait la farine qui s'était collée à ses doigts. C'est dans sa cuisine que nous avons appris les vieilles recettes de la famille. Elle nous racontait des histoires que personne d'autre ne connaissait. Quand le soir tombait, elle s'était assise près de la fenêtre et regardait le jardin. Sa voix douce s'est tue peu à peu, mais son souvenir est resté vivant. C'est grâce à elle que j'aime encore aujourd'hui l'odeur du pain chaud et le chant des oiseaux dans les arbres.